[Louis Lingg and the Bombs] death in the hay market
Date : 14 septembre 2007
L'Espace B est un troquet sis à proximité de la Villette, qui possède une belle salle de concert, plutôt spécialisée dans le blues mais ouverte également au rock, ce qui explique ma venue sur place ce soir...
Moleskin est un quatuor très sombre, au moins dans l'apparence, avec un bassiste à lunettes noires et un guitariste à stetson en zèbre... Étonnamment, on pensera souvent aux pénibles Cult tout au long du set, alors que le chanteur/guitariste n'a rien à voir avec l'Astbury de base, ni dans la voix ni dans le physique, mais il faut bien dire que la musique doit y être pour quelque chose : un genre de métal, plutôt lourdingue, parsemé de solos largement évitables, asséné pendant 3 longs quarts d'heure qui vident la salle déjà bien peu remplie... Il y a bien quelques parties qui sont audibles, on peut même dire que c'est assez carré et bien fait dans son genre, mais l'ensemble incite bien plus à aller chercher sa bière qu'à s'agiter devant la scène !
Avec son chanteur anglais toujours aussi allumé, Louis Lingg and the Bombs change l'atmosphère du tout au tout : en une grosse demi-heure de punk foutraque, déjanté, fun, la bonne humeur revient au galop, en dépit de retours scène inexistants, de problèmes techniques permanents, d'oublis de paroles, d'enchaînements défaillants... Pas de prise de tête, de l'énergie en permanence, pas d'autosuffisance (beaucoup d'autodérision, même !), bref de la joie sur scène, et par suite dans la salle ! On notera que la pêche aux moules n'aura pas été reprise en hommage à Jacques Martin, et qu'en revanche la menteuse fait bien partie du set (en hommage à Cécilia ?), qu'un dernier morceau est joué en dépit des horaires stricts, et surtout que l'ami Josh aura distribué un nombre conséquent de numéros du PPPZine, dont le dernier numéro est téléchargeable sur http://pppzine.free.fr
Le dernier groupe demeurera sans doute longtemps une énigme, car Orthezia réussit à marier un genre de heavy-blues à quelques titres de pop, avec un sérieux frisant l'ennui, alors que la majorité du public est visiblement venue pour eux... Un batteur à volonté très philcollinsienne (et non, ce n'est pas un compliment !), deux guitaristes pleins de solos, une bassiste intérimaire (?) venue d'Iku, et une chanteuse très réservée qui semble indubitablement en décalage total par rapport au groupe, et on sent qu'avec elle le blending n'est pas facile à mettre en place, voire qu'elle serait bien plus à sa place dans un groupe avec d'autres musiciens et un autre son, dans une optique plus Beki Bondage par exemple... Pour ajouter foi à leur "réputation" selon laquelle "orthezia ça tue des ours", les spectateurs reçoivent des petits sachets remplis d'oursons comestibles (sauf ceux en chocolat, bien sûr), mais cela ne les réveille pas plus que cela... En fait, il faudra attendre le dernier titre, bien pêchu, énergique, exempt de solo, sur lequel l'N'Marie est enfin en phase avec ses comparses, pour à la fois émerger et apprécier la chose, sans doute histoire de rentrer chez soi sur une bonne impression (légèrement factice tout de même !).
Demain, on se balade chez Marie-Georges, et on revient à l'heure pour retrouver les gentilles à la Mécanique Ondulatoire !