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l'ayatollah du rock
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24 août 2007

[Rock en Seine] chapter one

Date : 24 août 2007

 

Direction FN-land, puisque c'est à St-Cloud que se déroule tout le week-end le festival Rock en Seine, qui démarre sans pluie mais avec une boue déjà bien présente et qui risque assez peu de disparaître d'ici dimanche soir...

 

Avec 3 scènes, qui usent la plupart du temps d'un certain décalage, il y a la possibilité de bien tenir les horaires, et c'est le cas dès l'arrivée sur le site, puisque les quatre jeunes français de Rock'n'roll entament leur set peu après 15h00, sur la scène dite "de la Cascade". Les deux premiers titres rappellent indéniablement les aventures canines d'un certain Laboubée, mais les choses se gâtent légèrement par la suite... Hormis l'apparition anecdotique d'un cinquième participant muni d'un tambourin, l'efficacité du quatuor tend à se baser sur des rythmes entendus partout (eh oui, on revient à Bloc Party...), ce qui nuit légèrement à la sympathie qu'on pouvait leur porter, et l'arrogance certaine des jeunots (par fierté d'une tournée aux États-Unis ?) se combine avec une tendance à la "téléphonisation" du groupe (en gros, du rock qui n'effraie pas les grands-mères...), ce qui ne peut nuire à leur carrière mais risque en revanche de leur faire perdre pas mal de crédibilité rock...

 

On jette un oeil très rapide sur la grande scène, pour découvrir le hip-hop de Dizzee Rascal, et on revient à la scène dite "de l'Industrie" (quel surprenant patronyme...) pour reprendre une petite dose de Rodeo Massacre, dont le rock incisif et direct couplé avec la voix chaude de la suédoise chanteuse réussit rapidement à enchanter le public. Les quatre sont vêtus en haut marin et pantalon moulant noir (en skaï ?) rodent leur set depuis de longs mois, et cela se sent, le charisme de la blonde chanteuse n'étant pas pour rien dans la réussite du groupe... Pour l'occasion, un clavier est invité à participer à quelques morceaux, heureusement sans conséquences puisqu'on ne l'entend pas... Le groupe profite de l'occasion pour passer une petite annonce ("groupe cherche maison de disques...), et s'il ne termine pas a cappella comme souvent, la fin du concert voit les quatre musiciens (cinq aujourd'hui) se féliciter en fin de concert, dans une pantomime toujours étonnante... Comme d'habitude, ils n'ont pas déçu !

 

On retourne à la Cascade pour tester les anciens de Dinosaur Jr., taxés par certains de "parrains du grunge"... Le trio est certes bruyant, mais l'accumulation de solos fait bien plus penser à du hard-rock de base qu'à un quelconque noise-rock, et c'est la première vraie déception de la journée : c'est très vite très chiant, il est temps de fuir !

 

Remarquez, se rapprocher de la grande scène à ce moment est également assez risqué : Mogwai est réputé pour pratiquer un post-rock assez austère, et certains oracles m'ont prédit une heure difficile... Pourtant, la première impression (visuelle) est positive : le batteur arbore un beau t-shirt St-Pauli... La suite est malheureusement conforme aux prévisions : deux premiers titres instrumentaux ("l'intro est longue, ça commence quand ?"), un troisième potable, sur lequel le claviériste prend sa guitare et vient ânonner quelques paroles, et par la suite ça empire rapidement : de retour derrière son clavier, le chanteur voit sa voix totalement déformée, de façon ridiculement insupportable, et la musique tend alors de plus en plus vers l'électronique, les efforts des guitaristes et bassiste (le batteur est absent sur un titre !) étant noyés sous des arpèges très progressifs... A cet instant, on se demande si on a bien lu "post-rock" et non "prog-rock", car le doute existe ! Pour terminer (abréger les souffrances ?), le clavier revient à la guitare, et là, c'est le miracle, un vrai bon morceau, et on part en se demandant pourquoi avoir choisi de noyer une telle pépite sous tant de gravats...

 

Un petit tour vers la Cascade, pour voir MIA, soit un DJ et deux chanteuses-danseuses, qui ne se contentent pas d'un hip-hop basique mais y injectent pas mal de dub, ce qui rend étonnamment écoutable ce trio sur lequel on n'aurait pourtant pas parié grand-chose...

 

Retour sur la grande scène, avec The Shins, un quintet dont la voix haut perchée du chanteur est extrêmement horripilante, et qui hésite sans cesse entre pop et pop-rock : la présence permanente d'un clavier pour le côté pseudo-mélodique noie les tentatives énergisantes du set, et on comprend que ce groupe peut très vite devenir un produit de grande distribution !

 

Pas besoin de s'approcher trop près de la scène de l'Industrie, car Biffy Clyro ne fait pas dans la dentelle ! Le trio, s'il oeuvre du côté de l'émo, évite de plonger dans le métal, et, s'il n'invente rien et ne passionne guère plus, permet de passer un moment agréable pour déguster sa bière, ce qui est déjà un point positif...

 

On savait déjà que la voix d'Émilie Simon était un mix difficile entre Elles et Cranes, mais il faut dépasser cette incompatibilité pour tenter de comprendre le phénomène : sans manchots, mais accompagnée d'un violoncelle, d'un batteur (un seul fût !), d'un guitariste et d'un claviériste à tout faire, elle nous propose un show assez carré, varié, pas désagréable, et ceci derrière son piano (clavecin ?), sa guitare ou au chant sans instrument... La donzelle se permet au passage une reprise totalement incongrue (mais plutôt réussie, tant elle est audacieuse !) du i wanna be your dog, et si ce pop-rock peut sembler fade aux rockeurs inconditionnels, on peut lui trouver un intérêt certain pour la lente éducation des masses françaises au rock'n'roll...

 

Pas de demi-mesure sur la grande scène avec les Suédois de The Hives, dont le garage-punk'n'roll réveillerait un sénateur, les quatre musiciens emmenés par un réjouissant mégalomane dont on ne saurait mesurer le degré de maladie mentale mais qui sait sacrément faire participer un public ! Comme à l'habitude, les 5 sont vêtus à l'identique, ce soir en noir bordé de blanc, avec cravate mixte, et on n'est pas loin de penser qu'on assiste là à un concert de cousins scandinaves des Wampas, tant dans la musique que dans la folie du chanteur... Pendant une petite heure, c'est de la pure énergie, avec des petits apartés de Pelle le chanteur, qui rappelle à chaque fois le côté incontournable du groupe, et il va sans dire que les places pour le Bataclan à l'automne devraient s'arracher comme des petits pains (suédois, bien sûr !)...

 

Que penser de 2 Many DJs ? Ben, rien, il s'agit bien de 2 DJs de plus, qui font dans le boum-boum, voilà tout.

 

Quand Arcade Fire arrive sur scène, on a besoin de ses deux mains pour les compter : avec deux violons, deux cuivres, une vielle en alternance avec un accordéon, un clavier, ce sont bien 10 musiciens qui constituent le groupe canadien ! Ça commence entre Violent Femmes et Pogues, mais très vite on sent que cela va coincer : chacun est hyper sérieux, et ça se ressent dans la musique, qui parfois oscille vers le pompeux, et l'empilement de sons dessert largement le collectif ! Ajoutez-y un décor dont le prix représente sans doute le cachet de la moitié des groupes du festival, et vous comprendrez qu'on parte déçu, voire un tantinet fâché de ce gâchis, alors qu'on aurait pu se retrouver devant un genre de Mekons qui auraient réussi...

 

Demain, on y retourne, avec en point d'orgue Jesus & Mary Chain.

 

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