[the Gathering] a noise severe
Date : 17 septembre 2006
En cette fin d'après-midi dominicale, une foule très sombre a envahi l'Élysée Montmartre : les journées du patrimoine n'y sont pour rien, la salle sera quasiment complète lorsque les lumières finiront par s'éteindre...
Venus tout droit du Danemark pour nous montrer leur savoir-faire en matière de finesse viking, les quatre membres de Pyro font illusion quelques secondes... Juste le temps de se rendre compte qu'en guise de métal, on a droit à du hard-rock du plus mauvais goût, avec un chanteur à la voix atroce et qui prend l'habitude de chanter faux, un batteur à rythme unique, un guitariste qui ne multiplie pour une fois pas les solos... Le public est littéralement pétrifié, applaudissant poliment entre les morceaux, mais on a du mal à trouver des têtes bougeant pour accompagner les morceaux... pourtant, certains iront acheter leur EP, ce qui démontre un sens du masochisme très développé !
Bien sûr, cela n'a rien à voir avec l'ambiance qui surgit en même temps que l'arrivée sur scène des cinq membres de The Gathering ! Toujours emmenés par la belle Anneke, mais avec la présence à la basse de la toute jeune Marjolein (qui permet d'éviter le cliché "groupe de mecs avec une nana au chant" et permet également de calmer un peu les ardeurs du public tout de même très masculin), on a droit à un concert qui mélange morceaux anciens assez pêchus, voire violents, et morceaux récents plus calmes (trop calmes même pour certains...), ce qui satisfait tout le monde. La balance est parfaite, la basse n'est pas trop forte (elle aurait peut-être même mérité d'être un peu plus mise en avant), les claviers restent dans le domaine du supportable... Le "métal atmosphérique" du groupe consiste en un rock à tendance métal (du groupe originel à voix d'outre-tombe...), avec des belles ambiances qui montent petit à petit, et des envolées de guitares qui sont tout de même loin du progressif ou du hard/métal tel qu'on l'imagine dans les chaumières... Bref, c'est une appellation de journalistes, tout simplement !
Quant à la voix d'Anneke, elle reste à tomber en pâmoison... Lorsqu'elle est mise en avant (parties calmes, globalement), on sent une certaine douceur, qui disparaît totalement quand il s'agit de se faire une place au milieu de tous les instruments ! C'est un vrai tour de force que de réussir à toujours chanter juste, et on garde encore des frissons de la performance sur saturnine pour n'en citer qu'une (ma préférée, au hasard...), et après deux rappels, le concert se clôt sur un strange machines qui doit encore faire vibrer l'Élysée une heure après la fin... bref, ce fut grandiose, comme d'habitude !!
Demain, double ration, avec une petite dose d'ubiquité requise, puisqu'il y a à la fois Billy Talent au Batofar et les Woodentops (et Little Man Tate, pour les puristes...) à la Flèche d'Or ! Le reste de la semaine consistera en Woodentops (again !) mardi, Matchbook Romance mercredi, Stereotypical Working Class jeudi, ACWL samedi... c'est quand qu'on dort ??