[Kill the Young] j'ai besoin d'un appareil
Date : 16 mai 2006
L'Élysée Montmartre, en version grande taille, est quasiment rempli ce soir, cela fait partie des phénomènes qui me surprendront toujours...
Ca commence avec le all-female band de Plasticine, déjà vu et ouï il y a quelques mois en première partie des HPS. A l'époque, les quatre damoiselles m'avaient fortement évoqué les défuntes Slits, mais il faut avouer qu'elles ont pas mal évolué depuis ! Car s'il s'agit toujours de rock, on se situe maintenant plus du côté de Gamine que des Runaways ou des Donnas... c'est-à-dire qu'elles sont bien mignonnes, mais que leur musique ne suscite qu'un enthousiasme relatif dans le public ! Pourtant, c'est assez frais, avec une petite dose de naïveté sur certains titres, mais les efforts consentis depuis la Maroquinerie ne doivent pas être un aboutissement mais juste une étape...
Venu du Québec, Le Nombre est un quintet à grosse réputation : on les comparerait au MC5, et leurs textes seraient finement ciselés... En ce qui concerne les textes, il est impossible de se prononcer vu qu'on ne comprend quasiment jamais les paroles ! Les premier et dernier morceaux font moins penser au MC5 qu'à Tokyo Sex Destruction ou à Gluecifer, surtout grâce à la gestuelle du chanteur il faut bien l'avouer... La musique est un rock'n'roll bien garage, avec des bribes de hard-rock dedans (suffisamment peu pour qu'on les pardonne), on peut appeler ça du punk canadien si on veut, cela ne change pas grand-chose au fait qu'en dehors de quelques titres ressemblant plus à de la bouillie qu'autre chose, ça se laisse vraiment bien écouter ! Sauf qu'au final, on a un peu l'impression que tous les morceaux se ressemblent, et que les avoir vus une fois pourra suffire dans une vie...
La tête d'affiche est un jeune trio, nommé Kill the Young, qui arrive devant un public conquis d'avance, ce qui lui permettra d'user et d'abuser d'artifices (on fait claquer des mains, on fait reprendre le refrain, on fait huer Madonna et Paris Hilton... ça fait gagner du temps !) sans que personne ne s'en offusque ! Mais tout s'explique avec les "chansons" : un chanteur à voix de Billy Idol (sans body-building), une basse et une batterie qui assurent bien, et... c'est tout ! Car la guitare n'est pas là pour créer une once de mélodie, mais juste pour quelques intros et des fioritures par-ci par-là... Ce n'est pas désagréable, loin de là même, mais il faudra bien qu'ils se mettent à composer un jour s'ils veulent durer ! Pour tout dire, le seul morceau dont on retient la mélodie est... la reprise (très conventionnelle, d'ailleurs !) du girls just wanna have fun de cindy Lauper... Bref, à moins d'un changement radical de cap, l'opinion réservée au Nombre peut également s'appliquer aux KTY !
Demain soir, on ne fera sans doute pas dans la finesse avec Anti-Flag et leurs amis au Trabendo, en attendant les Sleater-Kinney lundi prochain au Nouveau Casino.