[Tagada Jones] manipulé
Date : 20 mars 2006
Ce soir, la Maroquinerie s'offrait quelques frissons bien bruyants... âmes (et oreilles) sensibles s'abstenir !
Il faut croire que le lundi, les Parisiens ont du mal à émerger, car la salle n'est remplie qu'au quart lorsque les Condkoï, enfin totalement débarrassés de leurs démêlés avec nos amis les schmidts, tentent de réchauffer l'atmosphère. La salle se remplira petit à petit, mais les vingt premières minutes seront assez confidentielles... en dehors de la musique ! Car le quintet ne fait pas dans la douceur : si le guitariste joue ses parties plutôt métallique avec application, le batteur martèle ses fûts avec obstination, le bassiste s'amuse à sauter sur place toutes les six mesures, et les deux chanteurs font leur job avec envie, même si on les comprend difficilement... Le hardcore proposé est assez répétitif, oscillant entre Pleymo (pour le pire) et des influences plus rythmées et variées (lorsque le deuxième chanteur s'empare de percussions), et si parfois on pense plus à du death-métal qu'autre chose, l'ensemble est relativement agréable, en dépit du chant en anglais et des thèmes assez bateau qui semblent obséder les Albigeois (SM, cunnilingus, défonce...). Ca reste bourrin, mais il fallait s'y attendre !
Changement d'optique lorsque les Tagada Jones ramènent leur fraise : si on reste dans le hardcore, on n'est ici en terrain très sérieux ! D'abord, toutes les chansons sont en français, le chanteur principal est plutôt audible et globalement compréhensible, et si on regrette la présence d'un "homme des cavernes moderne" comme deuxième chanteur (c'est beaucoup dire, "éructeur" serait plus approprié), les deux guitaristes donnent pas mal d'ampleur au son du groupe. Et, plus important, les chansons ont du sens ! Les textes sont recherchés (dans leur genre, on peut les rapprocher des Zabriskie, par exemple), et surtout l'engagement du groupe est présent dans chaque chanson : anti-racisme, anti-fascisme, anti-sexisme, anti-homophobie, anarcho-écolo, anti-malbouffe, anti-psy, anti-télé... au fil de chacun de leurs albums, on peut trouver des chansons qui dépassent le simple slogan facile ! Bien sûr, la musique est brutale, mais il faut la dépasser pour se rendre compte que ces Bretons ont un discours intéressant, sans que leurs concerts soient le moins du monde moralisateurs... Un groupe rare, à mon avis, qui gagnerait à être connu hors du cercle plutôt fermé que représente leur courant musical !
La suite à partir de jeudi, avec successivement Vegastar, Kirlian Camera et Mell, avant Métal Urbain la semaine prochaine : le printemps commence fort !