[Oscar Matzerath] meet the freak
Date : 1er novembre 2004
quelques heures après avoir ingurgité un film de 1969, "coming apart", dont l'insupportable musique était composée par le jefferson airplane, la fin de toussaint était prévue dans un troquet du XXe arrondissement, "les 3 chapeaux".
Pour l'occasion, il y avait foule : outre les habituels Gérald et Clémentine, Lucie, Paul ou Sam, Guillaume, Cécile, Mody et Sabine nous permettaient de créer un espace de convivialité, qui s'avérerait rapidement espace de survie...
Un premier groupe commençait quelques morceaux, mais sans les achever... nous apprendrons quelques temps après qu'il ne s'agissait que de la balance : dommage !
Donc les Bocafleu entamaient la danse, si on peut appeler cela de la danse : un clavier, une guitare et une violoncelliste à l'instrument in-ouï, avec des voix parfois dans le ton... si la balance avait duré une heure, il semblait évident que cela n'avait pas été suffisant ! A vrai dire, on ne pouvait déterminer lequel chantait plus faux que les autres, et seule la reprise de thomas Fersen était relativement appréciée par le public... de quoi regretter le pourtant insupportable Delerm... et comme les paroles restaient incompréhensibles ("tant qu'il y aura des bancs reste un pays de sentiments"), avec autant d'attente pour si peu de qualité, ça commençait à nous défriser !
Quand le Dr Gonzo s'emparait de la scène, on ne peut pas dire que les choses s'amélioraient !! S'apercevant très vite qu'il s'agissait du groupe aux morceaux inachevés, on en venait rapidement à regretter qu'ils en viennent à bout ! Imaginez 5 blaireaux à lunettes noires, 1 basse pour 4 guitares, des voix suffisamment insupportables individuellement pour qu'elles donnent des envies de meurtre collectivement, les beatnicks autobidactes nous déversaient des flots de folk à regretter l'agent orange ! Les reprises (Dylan, Neil Young, Red Hot Chili Peppers, Noir Désir...) permettaient chanson après chanson de battre des records d'affliction, et il devenait de plus en plus évident que si tout ce qui était au mur était à vendre, rien de ce qui provenait des enceintes n'était à inrigistrer... "C'est plus facile de critiquer que d'élogier", parait-il, mais si cela faisait partie de la semaine d'évangélisation, permettez-moi de rester athée, et de proclamer haut et fort mon mépris de toutes les religions !!
Le groupe suivant était visiblement plus rock'n'roll, commençant par une reprise des Stooges, et enchaînant par Dionysos, Bowie ou les Smashing Pumpkins. Cependant, les Improbables ne dépassaient guère le t-shirt Albator de leur batteur : leur musique restait assez molle, et leur méconnaissance des classiques (annoncer sweet dreams d'Eurythmics comme du Marilyn Manson ou louie louie des Kingsmen comme du iggy Pop tient de la faute professionnelle !) énervait les puristes ! leur version de ziggy stardust réussissant à faire pleurer de rire, inutile de dire que leur départ fut apprécié, quoique bien trop tardif...
Vous me direz : cette soirée ne valait rien, il n'y avait pas de quoi casser un siège en bambou, je vous rétorquerai que cela faillit arriver, et que la tête d'affiche tint toutes ses promesses : Oscar Matzerath nous permit d'oublier quasiment le reste des malheureuses prestations, et comme les paroles étaient plus compréhensibles que la dernière fois, on en venait presque à oublier la façon de chanter... Les filles singeant Emmanuelle dans son fauteuil en rotin et le jeune frimer défoncé venant danser seul devant la scène ne nous faisaient pas oublier la très réussie adaptation du day of the lords de Joy Division, et seule l'heure tardive empêchait le public assez nombreux d'entendre d'autres compositions oscaresques : pour cela, il faudra se déplacer ce jeudi, pour les régionaux de l'étape évidemment !
D'ici là, nos amis canadiens de NoMeansNo nous auront déversé toute leur verve demain soir, et le gros François aura fait sa démonstration habituelle de multi-instrumentiste mercredi...