[Le Tigre] 50 années de ridicule ?
Date : 8 avril 2004
En cette soirée d'anniversaire double (Sabine et Cécile, pour ceux qui l'auraient oublié), le Trabendo accueille la fine fleur de l'activisme féministe new-yorkais, sous la forme du groupe de riot grrrls Le Tigre... les plus anciens se souviendront du précédent compte-rendu datant il y a déjà une paire d'années !
Lucie m'ayant fait suffisamment confiance pour m'accompagner, nous nous retrouvons dans une ambiance très festive, au milieu d'une population bigarrée et sympathique. La recherche du T-Shirt souvenir est un échec, la charmante préposée à la vente m'expliquant qu'il ne reste que des T-Shirts de filles (taille S ou XS), et comme je ne compte toujours pas frimer sur la plage avec mes vêtements moulants... Il me restera le site Internet du groupe pour me rattraper !
La première partie consiste en une prestation d'un DJ, ou plutôt d'une DJette, à qui j'envisage un moment de proposer le mariage : en commençant par nous faire écouter du Cure, puis du Siouxsie, puis du PIL, puis plus loin du Sonic Youth et du Buzzcocks, je ne pouvais que craquer ! Mais comme la fin de son set est plus orientée électro... j'ai bien fait de me taire !
Nos héroïnes d'un soir débarquent enfin sur scène, avec une boite à rythmes, une guitare qu'elles se partageront à trois, un écran qui permettra la diffusion de vidéos... et le reste consiste en des bandes enregistrées ! Cela surprend quelque peu Lucie, ce qui est compréhensible, mais lorsque la musique commence... ça devient la folie !
L'orgue Bontempi rappelle les pires souvenirs de Mr Orange, Kathleen a une voix si aiguë qu'elle frôle les cris, les chorégraphies sont du ridicule le plus avancé, la musique électro est d'un basique extrême... c'est génial ! Comment expliquer l'inexplicable ? Le mauvais goût est assumé, la guitare remonte les bretelles, les discours d'appel aux "queers" sont très explicites, l'amusement est total... sur scène et dans le public ! Il s'agit bien ici d'un échange, d'une communion (païenne, bien sûr !), les morceaux inédits se mélangeant avec bonheur avec les "tubes" (tout est relatif) tels que hot topic, deceptacon ou FYR (qui fait l'objet d'un véritable karaoké), les vidéos de support variant du quotidien du métro à un bêtisier du patinage artistique (?) en passant par une danse de type "Devo"...
Tout ceci ne dure pas plus d'une heure, mais d'une telle intensité et densité (réussir à caser une cinquantaine de spectateurs sur la minuscule scène eût tenu de la gageure...) que la fin n'est pas amère...
Pour résumer, ma voisine a trouvé la bonne expression : "c'est n'importe quoi... mais j'adore le n'importe quoi !!"
Il reste quelques heures pour récupérer, et se diriger vers la troisième manche de la semaine, un concert de présentation du dernier album des Holy Curse... retour au pur rock'n'roll !