[The Bellrays] one more night
Date : mercredi 13 novembre 2024
C'est mercredi, on est à la bourre pour rejoindre le Café de la Danse, mais on s'étonne de constater que la rue de Lappe est quasiment vide, et que les bars font du racolage pour attirer le client (on se croirait à Pigalle, ou dans un quartier rouge)... Heureusement, arrivés dans la salle, on note une affluence plus que correcte, la fosse a été agrandie et il ne reste que 3 rangs de places assises dans les gradins, et le public semble-t-il chauffé à blanc par la première partie attend la tête d'affiche avec impatience.
Cela fait plus de 6 ans qu'on guettait le retour sur scène des Bellrays, ratés il y a deux ans, et c'est donc ce soir que Lisa et Bob (chant et guitare), accompagnés d'un duo basse-batterie efficace, vont nous présenter leur dernier album en date, ce "heavy steady go !" qui ne remet pas vraiment en question le blues punk que le groupe fait tourner autour du monde depuis un quart de siècle. Très vite, on se rend compte que le quatuor ressemble plutôt à Lisa et ses musiciens, tant la chanteuse est au centre de l'attention en permanence, d'abord et avant tout par rapport à son chant, mélangeant soul et énergie punk, et surtout toujours aussi puissant et parfait que la première fois qu'on avait découvert le groupe sur scène, mais la chanteuse se fait également meneuse de revue, ne laissant jamais le public s'endormir, et rappelant à tout bout de champ que 'this is a rock show", et qu'on est tous là pour s'amuser et prendre du plaisir - ce qui est le cas, avouons-le sans détour ! Car il semble presque impossible de résister à ce qui nous est proposé, on y retrouve du rock à tendance bluesy mais jamais trop lourd, les morceaux sont rarement très longs mais s’enchaînent extrêmement rapidement, et si on peut se plaindre au début du son de guitare désastreux (les deux premiers morceaux, on n'est pas loin de la bouillie, et si cela s'améliorera un brin par la suite, on continuera à se demander si l'ingé son termine sa sieste, ou si c'est Bob qui joue trop riquiqui, cela manquera globalement pas mal d'ampleur, ce qui en rajoute encore sur l'omniprésence de Lisa. Bien sûr, le groupe est américain, le show est donc très rodé voire un peu trop carré à mon goût, il n'y a pas beaucoup de place laissée à l'improvisation, mais on ne peut nier que c'est extrêmement bien fait, qu'on ne s'ennuie pas un seul instant, et on peut même comprendre que certains se laissent aller à pogoter (s'agiter serait plus précis et adapté à ce qui se passe dans la fosse), tant les titres imparables se succèdent en rafales, et on verra même Lisa venir dans la fosse puis dans les gradins, une balade au milieu du public dont je n'ai pas souvenir lors de la dizaine de fois précédentes où j'ai vu le groupe en action. Il existe un lien fort entre le groupe américain et le public français, c'est sans doute pour cela que Lisa ne nous lâche pas avec ses harangues, mais cela n'est pas mal pris, bien au contraire cela rebooste les spectateurs, qui apprécient ô combien ce qui leur est présenté, du plus ancien (revolution get down) au plus récent (down on my knees), la distinction entre les diverses époques étant quasi impossible à faire. Le groupe va faire semblant de quitter la scène, mais vu que Lisa n'en sort même pas le groupe continue son set, et le temps file à tel point que la véritable sortie de scène semble laisser le public KO.
Après avoir été motivés par les techniciens, les spectateurs se disent qu'un rappel est possible, et effectivement le quatuor revient sur scène, histoire d’achever les dernières réticences, et si on s'apercevra, lorsque les lumières se rallumeront définitivement, que le concert n'aura finalement duré "que" 70 minutes, personne ne semblera s'en plaindre, tant il aura été dense et réussi, et si on regrettera que le merch' soit trop onéreux (30€ le t-shirt, c'est au-delà de mes critères d'achat), cela ne gâchera pas le souvenir qu'on pourra garder du set, même avec un son relativement moyen. Oui, les Bellrays, c'est toujours très costaud !
La suite, ce sera probablement jeudi avec Antisocial Network du coté de Bercy...