Date : jeudi 12 mars 2020

 

 

Vivons heureux en attendant la mort. C'est sans doute en hommage à Pierre Desproges que le Supersonic va être bien rempli, en ce jeudi soir où l'on peut encore se rassembler jusqu'à 1000 personnes, les distances de sécurité sont divisées par 10, les embrassades et les serrages de mains ne sont pas bannies, au moins un lieu où les gens restent civils en dépit du coronamachin qui n'est même pas capable de dézinguer Trump et Bolsonaro, et on ne parle même pas du borgne...

 

C'est un trio belge (de Charleroi) qui entame la soirée, et si les petites blagues venues de la scène vont fuser, les Deadline ne sont pas des rigolos, instruments en main ! En mode guitare-basse-batterie, pour lequel la guitare et la basse peuvent changer de mains, ou plus étonnamment guitare-harmonica-batterie, nos trois classieux bonshommes (costume tiré à quatre épingles, ce n'est pas tous les soirs qu'on voit ça sur nos scènes) entament leur prestation avec un blues bien gras, mais assez rapidement la musique des Carolos évolue vers un blues plus rocké ou punkifié auquel il est difficile de résister. Le groupe enquille les titres, au sein desquels on ne décèle guère de faiblesse, et la reprise de the witch (Sonics), exercice casse-gueule selon beaucoup, est ici une démonstration, aucune récrimination dans la foule, et le groupe terminera ses 40 minutes sur un medley lui aussi très réussi. Si le groupe était prêt pour un dernier titre - les micros étaient déjà débranchés, on sait qu'il faut que ça pulse ici !, on se satisfera de cette prise de contact, en espérant avoir l'occasion de revoir les Belges par chez nous, ce tour de chauffe était sacrément carré, et a réussi à bien exciter un public qui s'est densifié au fil des minutes.

 

On sent qu'une bonne partie du public est venue pour le second groupe à l'affiche, et dès que The Choices grimpe sur scène la tension monte d'un cran, il faut dire que le quatuor franco-canadien montre immédiatement un savoir-faire évident en matière de punk-rock '77, emmené par un chanteuse-guitariste extrêmement énergique, et dont la voix rauque ne laisse pas de marbre. La plupart du temps, les intros des morceaux rappellent des titres punk bien connus, que ce soit au niveau de la guitare ou de la rythmique, mais ce ne sont que des fausses pistes, et on n'aura (a priori, je peux avoir raté des reprises dans le tas) que des titres originaux tout au long de ces 38 minutes extrêmement efficaces, avec un groupe qui fait preuve d'une grosse présence scénique, ce qui expliquent que ce jeune combo (à peine plus d'un an) se retrouve avec une fanbase déjà si imposante. Un groupe à suivre, donc, et on attend leur venue à Konstroy à l'occasion !

 

La soirée se termine avec un duo que l'on connaît déjà assez bien, puisque The Courettes ont leurs petites habitudes en France, et qu'on avait déjà eu le plaisir de les écouter/voir à la Féline puis à la Clef (l'an passé). La guitariste-chanteuse brésilienne et le batteur-chanteur danois savent y faire en garage-punk énergique, qui lorgne à l'occasion sur les ancêtres sixties, et qui ne laisse pas le public s'endormir. C'est encore plus évident sur boom ! dynamite !, le titre phare de leur set-list, sur lequel Flavia fait tous les efforts possibles pour faire chanter/hurler les spectateurs, et ce n'est ce soir pas facile, alors que le public est pourtant extrêmement appréciateur de la prestation qui se déroule sur la scène. Pour être franc, on n'est guère enthousiasmé par LE titre lent de la soirée, il faut dire qu'on attend plus du rentre-dedans que de la chanson fleur bleue, mais c'est bien le seul moment sur ces 50 minutes où l'on ne se sent pas revigoré par toute cette énergie positive qui émane du couple. Après deux titres en rappel, le groupe laisse la place au DJ, mais on ne regrette évidemment pas de s'être déplacé ce soir, puisque aucun des trois groupes ne nous aura déçu, et qu'on aura au contraire fait deux belles découvertes et une aussi belle confirmation.

 

La suite, ce ne sera donc pas les Nits en ce vendredi soir (concert reporté jusqu'à mon anniversaire), ce ne sera pas non plus les Angelic Upstarts en compensation vendredi ni The Oppressed samedi, on n'ira pas plus voter dimanche, on n'aura pas droit aux Olivensteins au Ground Control en fin de mois, on a aussi des doutes pour les Viagra Boys - bref on espère que le mois d'avril sera moins apocalyptique et permettra de retrouver une vie presque normale. Point positif, les livres et séries en retard vont donc enfin finir par diminuer !