Date : vendredi 29 novembre 2019

 

Ce qu'il y a de bien, quand on voit les Toy Dolls en concert pour la première fois, c'est qu'on en prend plein les yeux et les oreilles, avec plein de petits détails rigolos/débiles qui vous font sourire tout au long du set. Mais ce qui est bien quand on les revoit sur scène, c'est qu'on ne se lasse pas de ces  pitreries, même si on s'y attend, le trio anglais sait y faire pour animer un concert, et faire en sorte qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Ce vendredi soir, dans un Élysée Montmartre bien rempli (le sold-out a peut-être été évité, car il y avait d'autres concerts punk ce soir à proximité, dont les Whodunit à Montreuil et GBH à Issy...), les deux cas se présentent, puisque si la moyenne d'âge est plutôt élevée, on croise un bon nombre d'enfants (venus avec leurs parents, rassurez-vous), histoire de préparer le renouvellement des spectateurs pour les quarante prochaines années de tournées du groupe...

 

Car c'est bien ce premier quarantième anniversaire qui est l'occasion de cette tournée, on sait que depuis plus de quinze ans les thèmes varient avec les années (tournée du dernier album, tournée de l'album après le dernier album, dernière tournée vraiment, assurément la dernière tournée...), et lorsque les lumières s'éteignent on n'est pas étonné d'entendre résonner le "happy birthday", dans une version traditionnelle aux voix enfantines, ou pour le moins très aiguës, avant de commencer à rire, un peu jaune tout de même, puisque c'est Lionel Richie qui suit, avec une partie de hello qui se voit rapidement (et heureusement) explosée, lorsque le trio arrive sur scène sur l'air du theme tune. Le groupe est comme toujours vêtu de manière identique (veste de costume rouge, cachant plus ou moins des gilets bleus et des cravates rouges qui ne résisteront pas à la totalité du set), seules les lunettes-jouet de soleil diffèrent entre les musiciens, et c'est avec fiery jack que le concert démarre, en fanfare évidemment, puisque ce morceau met déjà en transe la salle, du premier rang jusqu'aux abords du bar. Le groupe fête son dernier album en date en même temps que ses 40 ans, alors on va avoir droit à pas mal de titres de cet "episode XIII" (dont la pochette a été réalisée par Chester, au passage), et on constate évidemment que les petits derniers (arthur clark's a dark horse, benny the boxer, she's a worky ticket...) s'insèrent tranquillement dans une set-list où les titres plus connus et anciens sont légion, c'est d'ailleurs toujours le cas avec les Toy Dolls, tant le groupe a un son particulier tout en différenciant bien les morceaux les uns des autres. Si le chant est partagé, entre Olga (guitariste et seul membre d'origine) et le batteur particulièrement, les pitreries le sont également, mais là c'est Olga et le bassiste qui s'en chargent, on a droit à des chorégraphies minimalistes, à du faux cancan, à des traversées de scène de long en large, des guitare et basse rotatives (quand elles ne se prennent pas le manche dans un fil), bref rien de nouveau sous le soleil mais cela fonctionne toujours à plein. Le groupe tourne beaucoup, et on ne peut dire que les shows sont particularisés suivant les lieux, le seul indice indiquant que le groupe est à Paris consistera ce soir en quelques "merci beaucoup" (en français), et on sait que le groupe est carré mais ne sort guère de son programme, mais cela importe peu, car tout est fait pour qu'on ne puisse pas penser à autre chose qu'à bouger, chanter, danser et rire, et nul doute que ce pari réussit partout dans le monde, car on n'a pas le temps pour muser, il faut toujours être attentif, il peut se passer quelque chose à n'importe quel moment, que ce soit le sketch avec un faux serveur pour aboutir à la bouteille géante de lambrusco qui balance des cotillons (the lambrusco kid) ou l'arrivée sur scène d'un Richard Clayderman en carton (richard clayderman's a creep) qui verra sa tête disparaître sur un coup de poing final d'Olga. Le public reprend évidemment l'essentiel des paroles (souvent peu complexes) en chœur, les connaissant souvent par cœur, et si on a droit à un instrumental "à la mode de" avec el cumbanchero, c'est Bach qui est exhumé avec une reprise toujours bluffante (toccata in dm). Les classiques sont évidemment de la fête (nellie the elephant, reprise de Mandy Miller, mais aussi she goes to finos ou dougy giro), et le groupe sait qu'il peut s'appuyer sur les voix du public, et en fin de set il en use avec gourmandise, ce qui réjouit tout autant les spectateurs qui n'hésitent pas à s'époumoner sur alec's gone ou harry cross. Le set se clôt sur la reprise épique du wipe out des Surfaris, et si le groupe part en coulisses, chacun se doute que c'est pour mieux revenir sur scène.

Et effectivement, on n'a pas à trop patienter pour voir revenir le bassiste et le batteur, et quelques secondes plus tard Olga apparaît avec une guitare à... trois manches, c'est évidemment pour la blague, il n'utilisera les deux derniers que l'espace de quelques secondes, il ne s'agirait pas de gâcher le dig that groove baby, tout de même ! Juste après, le trio repart en coulisses, mais là encore on se dit que c'était un peu trop court comme set, alors le groupe revient, avec une intro piquée (entre autres) chez Louis Armstrong (when the saints go marching in), mais immédiatement après mon voisin peut enfin exulter, après l'avoir réclamée pendant la moitié du set c'est enfin glenda and the test tube baby qui surgit, il ne manque plus qu'un idle gossip pour que la soirée soit parfaite, et c'est justement ce titre qui va terminer ces 80 minutes, juste avant que les ballons que l'on voyait suspendus au-dessus de nos têtes depuis le début de soirée soient libérés, histoire de terminer en fête foraine ce qui s'est avéré, comme à chaque fois, un excellent moment de non-prise de tête, et comme à chaque fois on espère bien qu'Olga et ses comparses reviendront encore nous voir avant la (véritable) dernière tournée...

 

Set-list :

  1. theme tune
  2. fiery jack
  3. cloughy is a bootboy!
  4. arthur clark's a dark horse
  5. bitten by a bed bug
  6. the death of barry the roofer with vertigo
  7. benny the boxer
  8. up the garden path
  9. dougy giro
  10. spiders in the dressing room
  11. i've got asthma
  12. el cumbanchero
  13. the lambrusco kid
  14. she's a worky ticket
  15. nellie the elephant
  16. richard clayderman's a creep
  17. she goes to finos
  18. toccata in dm
  19. alec's gone
  20. solo de batterie
  21. harry cross (a tribute to edna)
  22. wipe out
  23. Rappel : dig that groove baby
  24. Rappel 2 : when the saints go marching in
  25. glenda and the test tube baby
  26. idle gossip
  27. theme tune

 

La suite, c'est du repos au programme, puisqu'en dehors du concert des Ludwig au Trianon à la mi-décembre, on n'a pas encore de réservations. Mais le retour des Briefs, samedi prochain au Chinois, est plutôt tentant...