Date : samedi 20 juillet 2019

 

C'est samedi soir, et le Supersonic est loin de faire le plein - au moins pour sa partie concert, nous ne resterons pas assez longtemps pour tester le lieu en configuration club... Au moins pour les deux premiers groupes, on devinera que ce sont surtout les proches qui seront présents, alors qu'on ne verra un peu plus de monde qu'au moment où le troisième groupe (la "tête d'affiche" ?) arrivera sur scène.

 

C'est un trio parisien qui entame les hostilités : Red Is Dead va nous démontrer que c'est du côté d'un punk à l’américaine qu'il faut chercher ses influences, et ce n'est pas uniquement parce que le chant est exclusivement en anglais... Sans être totalement "à roulettes", le punk du groupe s'en approche souvent, mais si on doit avouer ne pas être forcément emballé par des titres qui se ressemblent souvent, le principal attrait du groupe est sans doute son chanteur (bassiste), qui fait preuve d'un débit assez impressionnant dans ses interventions hors chansons, qui peut même toucher à la logorrhée. Globalement, il présente tous les morceaux, souvent avec une pointe d'humour, qu'il s'agisse d'un titre sur MBappé (km7 ?), sur ses ex (ex-girls) ou sur les amis (friends), n'hésitant jamais à rebondir sur les cris en provenance du public ou à prendre à partie (sans méchanceté) certain(e)s spectateurs(trices). Cette capacité est assez impressionnante, en revanche au niveau des chansons on sent que le choix du bassiste pour assurer les parties vocales doit être par défaut (ses deux comparses se cantonnent heureusement aux chœurs, sauf le batteur qui nous montre ses capacités vocales limitées sur un morceau), et si l'ensemble est globalement gentillet, on finit tout de même par se lasser, et des morceaux qui ne nous emballent guère, et des interventions qui finissent par être un peu lourdes. Bref, on ne quitte pas la salle en courant, mais on ne va pas non plus se jeter sur le EP en vente (quasiment en don, 1 € !) au merch', une fois la prestation terminée.

 

C'est un autre trio, lyonnais celui-là, qui prend le relais : Oak Man est mené par une chanteuse-guitariste, et pour le coup on change un peu d'univers, puisque les titres empruntent une voie différente de celle du premier groupe : souvent, les morceaux démarrent comme du Sleater-Kinney, avant de se durcir sur les refrains, en version lourde puisque le tempo ne s'accélère pas. Le groupe affiche des références qui me sont inconnues (Manchester Orchestra), ou testées en 2007 avec une appréciation modérée (Biffy Clyro) ou une détestation évidente (Enter Shikari), c'est pour cela que je dois appliquer ma propre grille de lecture, j'y entends donc parfois du Subways, mais toujours régulièrement sur des morceaux un brin trop lents. Le son est très américain, et je ne parle pas uniquement des titres composés en Californie, en revanche on se surprend à trouver dans la voix de la chanteuse quelque chose de Björk (version Sugarcubes), mais c'est principalement le sérieux du groupe qui me gène un poil. En effet, si le trio est bien plus carré que les Red Is Dead, la volonté d'apparaître comme très pros finit par rendre un peu la chose ridicule, comme cette intervention "on est super contents de jouer dans cette mythique salle du Supersonic" (on n'en ferait pas un tout petit peu trop, là ??) qu'il est difficile de prendre à un autre degré que le premier, et là c'est l'ombre tutélaire de U2 qui plane au-dessus de nos têtes. Bref, si le groupe a acquis et développé un savoir-faire évident, on s'emmerde bien avant la fin du set, et on attend donc la suite avec impatience.

 

Car si je ne connais pas plus le quintet parisien Penny Was Right que ses prédécesseurs, je suis venu ici ce soir en avant-première, le groupe étant programmé début septembre à Konstroy. Deux guitares, basse, batterie, le son va sans doute être plus ample que pour les trios, et au chant la préposée, sous sa grande casquette de type skater, fait preuve d'une présence impressionnante, et sa voix est très intéressante, car plutôt posée, sans cri, et est bien en contrepoint des musiques composées et exécutées par ses comparses. Niveau référence, on nage là aussi dans un univers qui ne m'est pas familier (Blink 182, Rise Against!, Useless ID), et assez rapidement je comprends que si tout cela est terriblement efficace, l'attention des spectateurs est là pour le démontrer, pour ma part je reste assez froid devant ce genre... Autant dire qu'au bout d'un quart d'heure, ne sentant pas que les choses allaient changer avant la fin du set, je me retire tranquillement, en me disant qu'il faudra que je trouve un point d'accroche pas forcément musical pour l'interview de septembre... Une soirée qui ne restera pas dans les annales, mais il faut rappeler que c'était une soirée à laquelle j'ai assisté sans connaissance préalable, ce qui explique peut-être mon manque d'enthousiasme global.

 

La suite, ce sera sans doute fin août avec FIDLAR au Trabendo, les agendas des salles parisiennes se vidant au cœur de l'été...