Date : mardi 2 juillet 2019

 

Avec le retour des températures normales, on retrouve le chemin des salles parisiennes, en ce mardi soir c’est du côté du Petit Bain qu’on s’aventure, et le terme n’est pas choisi par hasard puisque je n’ai réellement rien écouté des trois groupes auxquels je vais être confronté…

 

Si la salle est loin d’être remplie à l’heure où la première partie commence, c’est sans doute en partie parce que les horaires ont été annoncés, et que les spectateurs se préservent pour la tête d’affiche. En ce qui  concerne le quatuor américain The Goddamn Gallows, d’un abord plutôt déroutant (si le batteur est tatoué sur le visage, l’immense contrebassiste est lui tatoué sur le crâne, par exemple), sa composition surprend un brin : à la batterie et à la guitare s’ajoutent donc une contrebasse, et également un banjo ou une mandoline, ce qui crée des sonorités plutôt inhabituelles dans le punk-rock. Pour être franc, cela m’évoque un Oscar Matzerath en plus punk (la référence Tom Waits peut également fonctionner dans les mêmes conditions), mais la rudesse qui se crée ne fait pas forcément rêver. Parfois, il y a des réminiscences countrysantes qui me font chercher mon cheval, mais dans l’ensemble cela reste assez soft et gentillet. Pour clore la trentaine de minutes réglementaires, le banjoïste/mandoliniste passe derrière les fûts, le batteur passe au chant, et on se dit clairement qu’on aurait pu se passer de cet échange, tant la voix du batteur n'est pas celle d'un chanteur. Bref, sans que cela soit insupportable, cela reste assez peu intéressant, et on attend d’entendre la suite pour acquérir un poil d’enthousiasme…

 

Je ne vais pas vous faire languir, ce n’est pas non plus la prestation de Spoilers qui va me mettre en transe ce soir… Le quatuor anglais (de Canterbury, la tentative de dénombrement des petits français allés en voyage scolaire à Canterbury est d’ailleurs un semi-échec) fait globalement dans le punk à roulettes, certains nomment cela du « punk rock mélo », dans tous les cas c’est du produit de série, interchangeable avec bon nombre de ses congénères. Une particularité, tout de même ? Parfois, la voix du chanteur m’évoque furieusement Sting. Comme quoi, quand on s’emmerde, on réussit à développer son imagination…

 

Je suis encore assez confiant à ce moment de la soirée, car la tête d’affiche va bientôt débouler, la salle est désormais bien bondée, le public est chaud, international (ça parle anglais ou allemand autant que français), et c’est une ovation dès que les Me First and the Gimme Gimmesdébarquent sur scène. Le principe du groupe, à géométrie (très) variable : emmenés par l’ancien bassiste des Swingin’ Utters qui gère le chant et l'animation scénique, différents musiciens de divers groupes punk américains s’amusent à reprendre des tubes (souvent des bouses, il faut bien l'avouer, ce qui d'ailleurs est loin d'être antinomique) et à les passer à la moulinette punk… Ce soir, pas de Fat Mike ni de Joey Cape sur scène, mais on note la présence de CJ Ramone à la basse, et d’une guitariste dans un groupe qui est le plus souvent 100% masculin. Le groupe démarre avec une reprise du believe de Cher (celle-là, je l’avais presque reconnue), plutôt rigolote, puis s’attaque au heart of glass de Blondie, ce qui n’offre un intérêt que très limité puisque pas grand-chose ne change par rapport à la version originale. Par la suite, le groupe poursuit ses facéties musicales avec une série de reprises de morceaux dont je ne connais pas les versions originales (du Paula Abdul, du Paul Simon, du Billy Joel…), allant même jusqu’à ne pas connaître certains groupes repris (Loggins & Messina, Stan Jones and his Death Valley Rangers…). Je n'ai donc guère droit au plaisir de la déconstruction, et je me trouve donc devant des titres de punk rock que je qualifierais presque de « punk FM », c’est gentillet (au mieux), et j’attends encore un peu de reconnaître quelques morceaux pour apprécier à sa juste valeur le set. D'ailleurs, tiens, celle-là je la reconnais, c’est jolene de Dolly Parton, cette version est presque correcte, même si je préfère celle des Sisters, et comme derrière le on the road again de Willie Nelson me laisse froid, je décide d’arrêter les frais à ce moment précis, pas la peine de perdre plus de temps, d’autant que l’hyperactivité du chanteur commence à me sortir également par les trous de nez. Bref, à 22h00, je prends mes cliques et mes claques, et je rentre at home, pour une fois je peux dire que je me suis intégralement trompé dans mon choix de concert…

 

La suite, ce sera bien moins risqué, puisque vendredi et samedi ce sera le retour du festival de La Ferme Électrique.