Date : samedi 8 juin 2019

 

Cela fait presque un an que je n'ai pas remis les pieds à l'Espace B, et je dois avouer que je ne vois guère de différences, même si je sais que des travaux ont été faits pour permettre au lieu de réouvrir après une fermeture administrative (on attend encore la réouverture de la Méca en mode concerts, d'ailleurs...), le bar n'a pas changé, les consos sont toujours abordables, et les horaires des concerts sont plus ou moins tenus...

 

La dernière fois qu'on les avait vues, au Cirque Électrique, les Foune Curry nous avaient montré qu'elles étaient capables d'assurer un set dans des conditions acoustiques que l'on qualifiera de précaires, ce soir c'est à un public pour le moins clairsemé (20 spectateurs, peut-être) que le trio va présenter ses titres, avec des nouveautés annoncées pour rameuter du monde... Comme souvent, cela démarre par un cri de ralliement, de "i love you fuck off" qui n'est pas le seul lien avec les Lucrate Milk, puisque la chanteuse principale use d'un sax dans un mode free que les LM n'hésitaient pas à pratiquer. Le groupe démarre à fond les gamelles, avec un adama qui n'a malheureusement pas perdu de lien avec la réalité des violences policières, et les trois musiciennes (chant-sax, guitare, batterie) ne vont pas s'arrêter là, puisque leur discours, intégré ou non dans leurs paroles, reste toujours perturbateur/provocateur, en mettant souvent le doigt là où ça fait mal (ou bien, cf. fingers), le féminisme étant souvent en première ligne face à ce qui ne tourne pas rond dans ce monde (mâle alpha). Le groupe opère à l'occasion une rotation horaire (la chanteuse remplace la guitariste qui remplace la batteuse qui remplace la chanteuse), pour des titres qui prennent une autre tournure (la batteuse est différente de la chanteuse habituelle lorsqu'elle prend le micro), et si parfois la guitariste semble perdue (ou plutôt sa bière), ce n'est que ruse car elle nous montrera sur le dernier titre, un petit lapin dédié à Eric Cooney, le fait de ne pas avoir joué ce titre depuis longtemps ne l'empêche pas d'être d'une efficacité redoutable, et de conclure de très belle manière ces 35 minutes qui n'auront déçu personne : ce soir, il fallait arriver à l'heure, et on ne regrette déjà pas de s'être déplacé !

 

Le groupe, entièrement masculin celui-là, qui poursuit la soirée, semble pas mal tourner sur Paris, même si c'est la première fois que j’assiste à l'une de ses prestations : Coke Asian est un quartet parisien international, dont l'une des particularités est de voir le chanteur-guitariste tout maquillé de rouge (tête et corps), arborant également une corne (!) sur le visage, tenue par un bonnet de bain, et qui s'est également aspergé de paillettes. Le reste des musiciens est bien plus sobre, et l'ensemble nous offre un genre de punk-hardcore bruitiste qui évoque par instants les Bad Brains, étonnamment, mais en bien plus bordélique. On notera à ce propos un échange assez long entre les musiciens pour un morceau, qui pourrait laisser à croire que le groupe n'est pas au point, même si on suppose que ce que l'on ressent comme des incertitudes peut être volontaire. Dans tous les cas, j'ai du mal à rentrer dans l'ambiance, alors que la salle s'est plutôt remplie et apparaît assez enthousiaste, alors je laisse les spectateurs profiter à plein de ce set, et en profite pour rentrer plus tôt que prévu, tant pis je ne testerai pas Urge, mais ce sera sans doute pour une autre occasion.

 

La suite, ce sera donc jeudi soir, au Gibus, avec le retour de Christian Death.