Date : mercredi 8 mai 2019

 

 

Même en arrivant tard au Supersonic, c’est-à-dire après le groupe de première partie, on constate que la salle est loin d’être bondée en ce mercredi soir férié et pluvieux, ceci expliquant peut-être cela…

 

On découvre le trio (parisien ?) Slosh avec pas mal de questions, puisque l’appellation « d.a.n.c.e » ne semble pas correspondre à ce que l’on peut entendre du groupe ici ou là, et effectivement, en s’appuyant sur une basse bien en avant et quelques riffs de guitare bien rentre dedans, on se retrouve plutôt dans un univers flottant entre post-punk et no wave. Si on ajoute à cela un chanteur au phrasé souvent proche du hip-hop qui gère la boîte à rythmes et les effets, et dont la présence scénique (visuelle autant que sonore) est souvent très décalée, on doit admettre que, en dehors d’un titre qui ne me convient pas du tout, le reste est plutôt intéressant, assez varié, et dans tous les cas assez loin des groupes stéréotypés que l’on peut croiser assez souvent. Bref, une première partie plutôt étonnante, et qui ne nous a vraiment pas incités à quitter les lieux pendant ses 35 minutes de set !

 

On avait conservé un souvenir enthousiaste des deux prestations de Sneaks il y a quatre ans (Méca puis Point FMR), l’américaine armée de sa seule basse et de son laptop nous offrant un post-punk minimaliste évoquant tant Delta 5 que Sleaford Mods, voire Le Tigre, et pour ce retour à Paris, on a une certaine confiance dans la qualité de ce qui va suivre, en dépit des alertes de certains. Malheureusement, les oiseaux de mauvais augure ne se seront pas vraiment trompés, puisque si la basse est toujours là, elle n’est utilisée qu’avec une parcimonie frisant la pingrerie, et que la chanteuse se retrouve quasiment en permanence à chanter sur des sons tirés de sa bécane qui fleurent bon (ça dépend des odorats) le R’n’B hyper calibré, l'ensemble étant parfois sauvé par un certain rapprochement possible avec les Young Marble Giants, mais ces instants sont bien trop rares pour que l’on puisse réellement s’enthousiasmer. En sus, si on se plaignait d’une durée de set riquiqui en 2015 (20 minutes max), ce soir on se rend compte que ce soir on va atteindre la quarantaine de minutes, mais que cela semble bien plus long, preuve qu’on a une certaine tendance à s’ennuyer. Au final, la donzelle a pas mal évolué, mais on regrette que ce ne soit pas vraiment dans le sens que l’on préfère…  Une vraie déception, et une vraie frustration, tout simplement !

 

La suite, ce sera dès ce jeudi soir, au Hangar à Ivry avec les Bad Manners.