Date : mardi 16 avril 2019

 

 

Même si je ne l’avais pas forcément cochée sur mon agenda, cette soirée organisée au Picolo par En Veux-tu ? en v’là a réussi à m’empêcher de rentrer at home directement après le taf, malgré la fatigue en ce mardi soir, ça évitera de s'énerver en regardant les insupportables jérémiades et haïssables priorisations gouvernementales suite à l'incendie de la maison de Quasimodo (cela a donné de très belles images, au demeurant)... Cela faisait plus de trois ans que je n’avais pas mis les pieds dans ce troquet/resto situé dans les Puces de St-Ouen, autant dire qu’il n’y a guère de voisins pour se plaindre de nuisances sonores…

 

Sur les coups de 20h15, c’est un quatuor (parisien) qui démarre son set, il y a peu d’informations concernant AVC alors on découvre en direct de quoi est fait le « punk & garage » annoncé, et on comprend vite que cela va au-delà de ce qu’on peut imaginer. En effet, j’aurais plutôt tendance à estimer que c’est dans le noise/hardcore que les trois musiciens (guitare-basse-batterie) se complaisent, et ce n’est pas le chant du 4e membre, parfois guttural mais jamais crust, qui va modifier cette impression. Si on doit citer des influences, ou plutôt les références qui me traversent l’esprit au cours du (très court, pas plus de 20 minutes !) set, cela va du Singe Blanc aux Bad Brains, et si cela va bien évidemment au-delà, cela reste d’un bout à l’autre très écoutable, même si je ne m’en ferais pas forcément une tranche tous les matins. Une particularité : on a régulièrement le sentiment que le batteur est en décalage avec les autres musiciens, voire même avec lui-même, et cela donne une impression d’étrangeté qui n’ajoute que de l’intérêt au groupe. Une découverte bien sympa en guise d’ouverture de soirée !

 

Cela continue avec un trio, parisien lui aussi, et qui est le principal argument qui m’a fait venir jusqu’ici ce soir : j’avais chroniqué pour Abus, et beaucoup apprécié; le EP / mini-album de Tabatha Crash l’an passé, aujourd’hui m’est enfin offerte l’occasion de valider ou pas cet excellent a priori. Débutant avec un panic attack tiré du EP pré-cité, la prestation du trio nous emmène à proximité des rivages musicaux que l'on avait abordés sur le EP, c'est-à-dire qu'on sent que le groupe a œuvré dans la noise sous une ancienne forme (les Sons of Frida, pour ne pas les nommer), mais que les Tabatha Crash ont rajouté d'autres ingrédients dans leur mixture, en particulier un côté post-punk pour le moins excitant. C'est donc un mélange parfaitement réussi de guitares parfois acides et d'une rythmique obsédante, même si on constate que le jeu de batterie est relativement tranquille, et comme les nouveaux morceaux (on a droit à une moitié de nouveaux titres) s'avèrent au niveau des "anciens", on se dit que le futur 2e EP devrait lui aussi être au niveau du premier. Les quarante minutes (oui, il y a un petit moment d'accordage qui s'éternise un brin) sont très réussies, il n'y a pas de moment faible, et on ne regrette ainsi pas d'avoir sacrifié le sommeil (hypothétique) à la musique, alors que ceux qui arriveront après le set se mordront longtemps les doigts d'avoir raté cette prestation. Le groupe n'est guère prolifique, en ce qui concerne ses prestations, alors suivez-les de près dès que vous en aurez l'occasion !

 

Dernier groupe à l’affiche, et qui a attiré sur son nom la majeure partie des spectateurs du soir, le trio arlésien (l'accent du batteur ne laisse guère de doute sur l'origine géographique...) Poutre va très vite démontrer à quoi ressemble sa noise. En première approximation, et en dépit des quelques lourdeurs qui peuvent surgir ici ou là, les sonorités me conviennent bien, les rythmes aussi, et comme le chant n’est pas non plus du genre à gâcher la fête,on comprend mieux les attentes impatientes du public. De plus, parfois ce sont des influences australiennes qui me traversent le cerveau, pour le coup c'est plus inattendu, et largement appréciable également, mais je dois avouer que je ne vais pas demeurer devant le groupe jusqu'au bout... D'abord, la fatigue finit par revenir, et comme il y a des travaux sur le métro 4, je pense éviter les soucis en anticipant mon retour. Pour être franc, c'est un échec, à 10 minutes près je me retrouve à chercher une solution alternative pour rejoindre la Défense, donc c'est option tram puis métros 13 puis 1, autant dire que j'arrive suffisamment tard pour accentuer l'état de fatigue : vivement le week-end (il reste trois jours à tenir...) !

 

La suite, ce sera donc Guili Guili Goulag jeudi dans 8 jours à l’International.