Date : vendredi 12 avril 2019

 

C'est vendredi soir, et pour une fois le timing est parfait : lorsque j'arrive au Pop-Up du Label (anciennement les Combustibles), la première partie à laquelle je voulais échapper vient de terminer, j'ai juste le temps de prendre une bière, de m'installer pile en face de la (mini) scène, et j'ai juste 5 minutes à attendre avant que le concert ne démarre...

 

On a remarqué que dans le public (on ne se marche pas dessus, mais la densité est honorable), on parle une drôle de langue, mais cela s'explique : les quatre membres de Pom Poko sont norvégiens, jeunes, pas lookés pour deux sous, mais ont sorti en début d'année un premier album qui vaut sacrément le coup d'oreille, et d'entrée de jeu on a la confirmation qu'on a bien fait de venir là ce soir : le theme #1 est aussi efficace en live que sur galette, on retrouve cette similitude improbable entre la voix de la blonde chanteuse et celle de Satomi Matsuzaki, et comme la musique des norvégiens (ce jeu de guitare, avec ces petites sonorités délirantes) rappelle également Deerhoof, on est à la fois en terrain connu et en mode plaisir total. Le groupe (une chanteuse, donc, accompagnée d'un trio guitare-basse-batterie) commence son set par les trois premiers titres de cet album "birthday", et outre les accointances avec le groupe américano-nippon, on retrouve ce petit quelque chose qui parfois nous amène du côté de Sallie Ford, et la prestation du soir nous évoque même par moments d'autres références pour le moins positives : la chanteuse nous rappelle par instants Anneke van Giersbergen, même si on ne parierait pas sur des capacités vocales totalement équivalentes, et certaines intros évoquent furieusement les Delta 5, sans doute ce côté punk dansant auquel on rattache le groupe. Bien sûr, tout n'est pas parfait, il y a deux morceaux qui s'avèrent bien trop poppy à mon goût, mais cela ne dure pas, et on réussit même à se trouver emballé par des titres qui démarrent tranquillement mais qui réussissent à dérailler de manière à nous emmener là où on ne croyait pas aller. Visuellement, seule la chanteuse fait un effort vis-à-vis du public, mais cela reste globalement très sobre, et comme les musiciens sont dans leur univers, on a juste à se concentrer sur la musique pour apprécier la prestation. Évidemment, avec seulement un album au compteur (même si certains nouveaux titres infiltrent la set-list) on ne peut pas s'attendre à une set-list démesurée, mais le groupe réussit à tenir la scène pendant une heure presque tout rond, et les spectateurs seront également restés, semblant largement apprécier cette formation qui a été repérée par un ex-Cocteau Twins, ce qui est flatteur tout en ne donnant pas d’indice sur sa musique, puisqu'on est loin de l'univers du groupe écossais... Les Pom Poko assurent donc leur heure de set, puis quittent la scène, sans faire semblant d'attendre un rappel, le timing est sacré, ils sont venus, nous ont offert ce qu'on attendait d'eux, ils peuvent donc retrouver leur compatriotes et profiter du reste de la soirée tranquillement... Une belle confirmation, même si les deux titres plus calmes laissent planer un petit doute sur l'évolution à venir du quatuor.


La suite, c'est ce dimanche, avec un petit voyage jusqu'à l'Olympia : Joe Jackson est de retour...