Date : dimanche 9 décembre 2018

 

C'est dimanche soir, le Supersonic annonce complet, et pour une fois le public est là tôt, les spectateurs n'ont pas attendu la fin de la première partie pour se pointer, on a du mal à approcher de la scène dès 20h30, et on sent que c'est un public de connaisseurs, ou d'anciens, ou les deux bien entendu...

 

Pour chauffer la salle, c'est un quartet orléanais qui s'y colle : les New-York Kleps ne nous sont pas totalement inconnus, puisqu'on a déjà vu sur scène quelques uns des avatars en "Kleps" de Jean-Luc Jousse, le guitariste-chanteur (Cool Kleps, Justesse Sociale Kleps), ce soir on est en mode NY 1975, entre Heartbreakers (de) Johnny Thunders, NY Dolls et autres joyeusetés, et si le bonhomme est bien accompagné (guitare, basse, batterie), cela se ressent dans les musiques, qui laissent un sentiment de classique rock'n'roll pour le moins bien exécuté. On regrette toujours un peu l'accent franchouillard lorsque le chanteur en béret utilise l'anglais, et on doit admettre que le chant en général n'est pas transcendant (voire douloureux parfois), mais si on dépasse ces petites lacunes on a droit à un glam-punk-garage de très bonne facture. De plus, l'avantage de Jean-Luc est qu'il a un carnet d'adresses impressionnant, ce qui explique qu'il puisse avoir l'appui de Keith Streng (the Fleshtones, principalement) sur la reprise du you can't put your arms 'round a memory (J. Thunders) qui tire quelques larmes aux plus chenus des spectateurs. Autant dire que l'objectif est parfaitement atteint, et ce n'est pas la reprise finale des Stooges (un i wanna be your dog adapté en i wanna be your kleps, vous l'aurez deviné) qui modifiera cet état de fait, le set aura même été adoubé par Peter Zaremba himself, et le temps accordé au changement de plateau est largement utilisé par les spectateurs pour aller se rafraîchir au bar...

 

Cela fait plus de douze ans que je n'avais pas vu the Fleshtones sur scène, ce soir le quatuor new-yorkais débarque sur scène en passant par la fosse pour les musiciens, et par l'escalier de service, avec une belle cape draculienne pour Peter Zaremba, et très vite le set démarre, mais pendant une bonne vingtaine de minutes on sent que le chanteur (harmoniciste et organiste à l'occasion) n'est pas content des réactions du public, surtout au niveau de la mezzanine, sous prétexte que les spectateurs ne suivent pas la ridicule chorégraphie (il s'agit simplement de tourner sur soi-même) et qu'ils sont amorphes, ne remettant pas en cause le côté poussif des premiers titres... Car il faut bien l'avouer, en dehors de mouvements de gymnastique (pieds hauts) et de semblant d'accord scénique (guitare et basse levées) de type balloche, il manque singulièrement d'énergie en ce début de set, et même lorsque le chant passe de Peter au bassiste ou au guitariste, cela ne modifie que très peu l'énergie ambiante. Réglons d'ailleurs maintenant la question du chant : on est loin de ce dont on avait conservé le souvenir, albums compris, tant Peter Zaremba semble limité ce soir, parfois il faut la présence du micro pour deviner les paroles, mais les choses ne sont pas meilleures lorsqu'il laisse faire ses comparses... En effet, le chant du bassiste montre d'évidentes lacunes, tandis que celui du guitariste est bien plus carré, mais souffre d'un défaut rédhibitoire pour moi : très haut perchée, sa voix m'évoque un mix entre hard rock et rock sudiste, autant dire que la souffrance auditive est intense. Heureusement, une fois passée cette (très longue) entrée en matière, le set devient presque d'un coup excitant, le public réagit en conséquence, et le groupe d'un coup montre de la bonne humeur, faisant oublier les quelques pains du batteur aux faux airs de Dick Rivers (surtout capillairement parlant). Les morceaux, originaux ou reprises (Little Richard, Bonnie St Claire, les Searchers ou Cliff Richard seront ainsi convoqués ce soir), s'enchaînent désormais sans baisser de niveau, on évoque le NY Punk de la mi-70's (remember the ramones) mais aussi d'autres choses bien glorieuses (rick wakeman's cape), on fait dans le cinématographique (i was a teenage zombie) ou l'hispanique (ama como un hombre), en profitant de la densité de spectateurs pour slammer ou aller faire un tour dans la fosse, qui respecte particulièrement le chanteur ou les musiciens. Le paris twist fait des adeptes, et les minutes s'écoulent sans qu'on ressente l'envie que cela cesse. En guise de rappel, après un we say yeah amélioré par apport à l'orignal de Cliff Richard, c'est Tony Truant qui amène sa guitare et sa voix pour un hommage à dominique laboubée (Dogs), particulièrement apprécié ce soir, et la soirée se terminera sur une ovation à St Nicolas (hooray for santa claus), et les lumières peuvent se rallumer, après quasiment 1h20 de set. On l'a dit, le début a été particulièrement compliqué, mais dès que la machine s'est mise en marche, rien à dire, c'est de la belle ouvrage, et les craintes que l'on a pu avoir en début de set se sont évanouies au fil des minutes. Après quarante ans de carrière, Peter Zaremba et ses ouailles savent encore sacrément y faire !

 

Set-list approximative :

 

  1. The Dreg
  2. The Girl From Baltimore
  3. Back to School
  4. One Less Step
  5. Suburban Roulette
  6. Nostradamus Jr
  7. Dancing All Around the World
  8. Love My Lover
  9. Rick Wakeman's Cape
  10. Let's See the Sun
  11. I Surrender
  12. Christmas With Bazooka Joe
  13. I Was a Teenage Zombie
  14. Remember the Ramones
  15. My Kinda Lovin
  16. ??
  17. ??
  18. Alright
  19. Ama como un hombre / Paris Twist
  20. ??
  21. Rappel : We Say Yeah
  22. Dominique Laboubée
  23. ??
  24. Hooray for Santa Claus

 

La suite, ce sera ce vendredi soir, à l’Élysée Montmartre, avec la découverte de Shame.