Date : lundi 26 novembre 2018

 

C'est lundi, il faut gris, mais on se rassure en se rapprochant du Gibus, on a cru comprendre que le concert du soir n'est pas loin d'être sold-out, alors on ne traine pas dehors, et à l'heure où les concerts sont censés démarrer... ça sent le vide ! Heureusement, cela ne va pas durer, et 20 minutes plus tard, lorsque la première partie va entamer la soirée, la salle s'est bien remplie - et encore, cela va continuer jusqu'au 3e groupe !

 

On les avait appréciés à la Ferme Électrique, puis on était resté mi-figue mi-raisin à l'Olympic, ce soir on comprend rapidement que c'est la bonne version des Stratocastors qui nous est offerte, celle que l'on a tendance à rapprocher des Honeymoon Killers (allez fouiller un peu, il y a des pépites chez ces Belges), avec des alternances de fulgurances punkoïdes et de chanson française décalée. Les quatre musiciens (batterie, basse, guitare, guitare-clavier) sont tous vêtus de t-shirts blancs (arborant une lettre ou un point d'exclamation), de bretelles, et alterneront parfois leurs postes, ils arboreront l'espace d'un titre des masques (je ne reconnaîtrai que la reine parmi les quatre visages), mais surtout ils ne cesseront d'être pertinents, dans leurs échanges comme dans leur musique - en dehors du dernier titre plutôt dispensable. On sent que la fanbase est présente, cela s'agite bien dans la fosse, et on le comprend, tant le groupe est intéressant dans son décalage, et on passe donc le temps du set (une bonne quarantaine de ) avec la banane, c'est très sympathique en plus d'être efficace, et cela semble confirmer que la prestation de l'Olympic était une anomalie - l'acoustique n'était évidemment guère propice non plus.

 

On a à peine le temps de se vider les esgourdes que le groupe suivant grimpe sur scène et démarre très vite son set : Exit Group, venu de Berlin (mais plutôt américain, si j'ai bien compris), nous propose à toute vitesse (le set durera moins de 25 minutes !) un punk/postpunk épileptique, où l'on pourrait détecter tant du Ausmuteants que du Bambara, c'est explosif, intense, une découverte inouïe, et comme le chant (le préposé est statique derrière son clavier, mais distille ses paroles en mode éructé impressionnant) évoquerait également Litovsk, vous comprenez que je suis excité au point d'agiter la tête ET de remuer une, voire deux jambes ! Pourtant, visuellement, on ne se douterait de rien : le groupe a un look passe-partout, il ne s'agite pas trop sur scène, mais ce qui surgit des enceintes est une claque, d'autant plus grande que le set pour le moins ramassé ne comporte aucun instant faible, et on se jette donc sur le merch' pour récupérer l'album au plus vite, il ne s'agit pas de risquer d'oublier cette soirée !

 

Résultat de cette découverte : il faut un peu de temps pour entrer dans la prestation de Uranium Club (The Minneapolis Uranium Club est aussi accepté), alors que le groupe a sorti ces deux dernières années deux des meilleurs albums du monde, mais il faut réussir la transition avec le groupe précédent pour apprécier (ô combien !) le mix de garage sixties et de punk que nous propose le quatuor américain, mais quand on réussit à se concentrer sur ce que nous offrent nos lascars en combinaison grisâtre, ce qui prend maximum cinq minutes, on se souvient bien de la raison pour laquelle on est là ce soir. C'est un peu moins rapide que Exit Group, l'épilepsie est moins prononcée, mais cela s'avère tout aussi excitant, il faut dire que là non plus il n'y a pas de temps mort, on comprendra pourquoi après une grosse demi-heure puisque le set n'atteindra pas les 35 minutes... L'idée de tout donner en un temps court est bonne, excellente même si on en croit les deux sets qui se sont suivis ce soir, et si l'Uranium Club nous a offert un rappel, celui-ci n'a pas duré plus de deux minutes, ce qui finalement n'a gêné personne tant le groupe a donné dans sa densité. Qu'on se le dise : tout ce que vous pourrez lire de positif sur ce groupe est vrai, vous pouvez y entendre du Wire ou du Devo si cela vous chante, toutes les références du groupe sont honnêtes, et ce qu'ils nous régurgitent est de qualité éminemment supérieure. Alors, après une soirée pareille, allez trouver un spectateur qui ferait la fine bouche, si vous avez du temps à perdre : en ce lundi soir, il n'y avait pas à hésiter, c'était Gibus ou rien, et le choix Gibus aura permis de passer de délicieux moments soniques !

 

La suite, ce sera lundi prochain, au Bataclan, avec les putativement excellents Idles.