Date : dimanche 25 novembre 2018

 

C'est dimanche, on se dépêche de rejoindre le Supersonic juste après Konstroy, en étant conscient qu'on va déjà avoir manqué la première première partie. Sur les coups de 20h30, la salle est bien loin d'afficher complet, et si le public va finir par arriver, on n'aura jamais qu'une demi-jauge, à croire que les parisiens cocoonent en fin de week-end...

 

Presque à l'heure, on retrouve un chanteur seul sur scène, qui va s'appuyer sur des bandes (terme générique, on suppose que tout est numérique) : Morgan King fait dans un genre de goth-cold pas forcément désagréable, y compris au niveau de l'emphase vocale, mais hyper référencé, et si dans les bons moments on pense très fort à un Rosetta Stone, cela sombre parfois en lorgnant du côté Depeche Mode, ce qui n'est pas vraiment positif dans ces lignes. Les quelques spectateurs présents accueillent favorablement ce qui leur est proposé, puisque c'est tout de même globalement dans l'esprit de la soirée, et on aura même la surprise de découvrir l'espace d'un titre une vocaliste a cappella pour l'accompagner, ce qui ne nuira pas à la prestation. En revanche, dès que les machines ne fonctionnent plus, c'est plus compliqué pour le chanteur, alors on croit à la fin prématurée du set, mais tout finit par rentrer dans l'ordre, ce qui lui permet d'aller au bout de sa demi-heure syndicale - problèmes compris. Vous l'aurez deviné, je ne garderai sans doute pas un souvenir ému de cette prestation très longtemps...

 

Le temps de s'installer, et les quatre musiciens (guitare, basse, batterie, claviers) qui accompagnent Lene Lovich au sein du Lene Lovich Band se mettent en place, sur fond de spellbound (Siouxsie and the Banshees), le guitariste implorant notre pardon pour abréger ce titre en entamant le set. Il y a un an, on avait été très agréablement surpris par la prestation du groupe dans la même configuration au Gibus, même si j'ai le sentiment que le guitariste n'était pas le même. En effet, si j'avais gardé un excellent souvenir de cette prestation, c'est que le groupe me semblait carré et soudé, or ce soir il ne me faut que quelques secondes pour avoir le sentiment que les instruments ne forment pas un ensemble cohérent, peut-être l'acoustique du soir et la mise exagérément en avant du clavier accentuent-ils cette impression.... Dans tous les cas, dès what will i do without you, sur lequel Lene n'a pas encore ôté son voile, je ressens un petit malaise, la guitare me semblant malingre, et même la section rythmique n'a pas l'ampleur qu'elle pouvait avoir il y a un an, et malheureusement l'amélioration d'ensemble ne sera jamais suffisamment importante pour que je rentre réellement dans le concert. Pourtant, il n'y a pas à se plaindre de la set-list, très variée puisqu'elle pioche dans toutes les époques de la discographie de la chanteuse, on ne reprochera pas non plus grand-chose à la chanteuse elle-même, Lene demeurant vocalement dans des registres où elle n'a rien perdu, et ne se risquant pas à tenter d'aller au-delà. Les réactions du public sont pourtant très enthousiastes, peut-être cela signifie-t-il que le son est meilleur ailleurs dans la salle, il faut dire que Lene est plutôt avenante et communicative, le jeu de scène n'est pas désagréable (l’échange sur telepathy avec sa bassiste), et il y a suffisamment de pépites (new toy, one in a million, lucky number) pour ravir les fans. Dans les titres les plus récents, the wicked witch et light ne font pas pâle figure par rapport aux titres historiques, et on apprécie la prise de risques consistant à omettre certains morceaux que l'on croyait incontournables (i think we're alone now, it's you only you), il n'en demeure pas moins qu'on n'est pas loin de regarder sa montre de temps en temps... Le groupe ayant démarré avec du retard, les rappels s'enchaînent presque immédiatement à la set-list de base, sans passage par la case loges (ici, c'est compliqué et loin...), et la soirée se termine là encore de manière étrange, puisque la présentation des musiciens s'effectue à la fin de home (qu'on aime bien, au passage), et que le groupe replie les gaules immédiatement après. Sans regretter de m'être déplacé, je reste donc un peu sur ma faim, mais ce qui est rassurant c'est que c'est le cas lors d'un concert sur deux avec Lene Lovich, autant dire que je serai enthousiasmé lors de sa prochaine venue...

Set-list :

  1. What Will I Do Without You
  2. Blue Hotel
  3. Maria
  4. Telepathy
  5. O Saisons, O Châteaux
  6. Bird Song
  7. New Toy
  8. One In A Million
  9. Lucky Number
  10. The Wicked Witch
  11. Light
  12. You Can't Kill Me
  13. Rappel : Details
  14. Home

 

La suite, ce sera dès ce lundi soir au Gibus avec Uranium Club.