date : mercredi 10 octobre 2018

 

Pour compenser la fermeture administrative de la Comedia, que d'aucuns tentent de contrer via un ulule de soutien, les lieux alternatifs proposent d'accueillir les concerts qui étaient prévus à Montreuil. En ce mercredi soir, c'est au Berbère Rock Café que l'on se retrouve, un endroit qui accueille des concerts punk depuis quelques temps, et où je n'avais pas encore eu l'heur de mettre les pieds. Première impression ? La bière n'est pas trop chère (3 € le demi d'Amstel), il y a presque de la place (on peut tenir à 30 sans trop se marcher dessus), et l'acoustique s'avèrera moins désastreuse que ce que l'on pouvait craindre : il faudra retenter l'expérience !

 

J'avais gardé un souvenir confus quoique marquant de l'unique fois où j'avais vu les René Binamé en concert, dans une cave lilloise il y a une vingtaine d'années, et je dois avouer que ce soir je suis pour le moins bluffé par ce que nous propose le trio. Emmené par un chanteur-batteur que l'on entend globalement bien (il y a des ratés, mais largement inhérents au lieu), le groupe belge entonne des chansons aux textes bougrement anarchistes (juillet 36, le pape immobile) ou loufoques (kestufé du weekend), dans des versions punk pas bourrin auxquelles l'absence de claviers ne fait pas vraiment défaut. Les spectateurs (autant dehors que dedans, ce qui permet de respirer un brin à l'intérieur) connaissent l'ensemble des paroles par cœur, le groupe se sent au milieu d'amis, et n'a donc pas besoin de trop en faire pour convaincre : il n'y a que des amis ici, ceux qui étaient venus au CICP il y a peu sont de nouveau présents, et même les habitués des lieux pas forcément épris de punk se laissent emporter, applaudissent et marquent le rythme sans que personne ne les y ait incités. Sur la route du Sud, le groupe avait prévu de faire une petite pause à Paris (ça coupe le trajet en deux) mais pas trop tardive, on est donc en mode apéro-concert-paiement-au-chapeau, cela a démarré un peu avant 19h et cela ne dépassera pas 20h30, avec deux sets qui vont se succéder, l'occasion de renouveler un peu le public devant la scène, ceux qui sont encore dehors vont avoir le deuxième set pour vraiment en profiter. Alors, étonnamment épuisé après le premier set de trois quarts d'heure, je laisse la place aux jeunes, en me disant tout de même qu'il va sérieusement falloir que je me penche sur la discographie des Belges, histoire de mettre à plat l'a priori mitigé que je conservais jusqu'alors... Promis, je reprendrai certains titres en chœur lorsque le groupe reviendra nous rendre une petite visite !

 

La suite, ce sera au CICP dimanche avec les Washington Dead Cats (qui seront préalablement passés par la case Konstroy), en compagnie de Tulamort et Rock'n'Bones, pour un concert de soutien à la librairie Quilombo.