Date : mardi 10 juillet 2018

 

 

Il faut une sacrée motivation pour aller affronter les hordes de barbares supporters déchaînés qui envahissent les rues de Paris et les transports en commun en ce mardi soir post-purge match de foot, mais avec un bon casque et un peu de lecture on arrive à faire presque abstraction du bleu-blanc-beurk environnant et à arriver presque tôt au Supersonic (23h15 pour un concert censé démarrer à 23h00)…

 

C'est la première soirée de la troisième édition du festival Restons Sérieux, et si nous avons décidé de zapper la première partie (Cité Lumière) qui me semble trop synthétique à mon goût (cela me sera confirmé plus tard), je tenais tout de même à ne pas rater la prestation des Warum Joe, même après les avoir vus il y a trois jours à Tournan. Et d'entrée de jeu, je ne suis pas déçu, puisque le sextet entame sa prestation caché sous des masques de catch, pour un bogota qui déchaîne plus les foules qu'à la Ferme Électrique - il faut dire que ce soir, les habitués sont bien présents, même si une bonne partie des spectateurs est très jeune, on en voit même qui se sont perdus là, avec leur maillot de l’équipe de France de foot sur le dos... Comme le week-end dernier, c'est peste noire qui suit, on se dit que la set-list va être la même (on ne s'en serait même pas plaint !), mais on va découvrir après datcha (dont le "j'aime bien les bolcheviques !" est repris en chœur et avec ferveur) qu'il y a des nuances, et pas uniquement dans la set-list... En effet, maladresse ou sabotage, la foudre (ou plus prosaïquement un verre de bière) s'abat sur une multiprise, et c'est le drame : un clavier out, une guitare out, un groupe un poil désemparé, et finalement la décision est prise de continuer, kriegspiel se trouve donc amputé de deux instruments, et si par la suite Nicus réussira à brancher sa guitare, le clavier défaillant fera défaut jusqu'au bout du concert. Cela n’empêchera nullement le public de pogoter à qui mieux mieux, de manière parfois un poil virile, et si mauser fucker bénéficie d'un faux départ, on peut l'imputer aux désagréments qui nuisent au groupe... Pour être même plus précis, on aura l'impression que le groupe serait prêt à jouer en dépit de tous les aléas qui pourraient le toucher, et si Pascal jette régulièrement un œil sur ses textes, cela reste anecdotique, d'autant plus que les paroles sont souvent aisément compréhensible - ce n'est pas toujours le cas. La plupart des morceaux sont dédicacés, et si l'hommage à Nikki Sudden smell the wasp était sorti vers 1986, "on passe à la coupe du monde 94" avec mon goal, rappelant l'assassinat d'Andres Escobar... Le "héros du jour " n'est pas oublié non plus, puisque idi amin est ponctué de "umtiti !", sans non plus que cela ne tourne à l'obsession. Après avoir fait chanter son fils et sa fille, Pascal va fournir une fin de set impressionnante, à l'unisson de ses musiciens, on retiendra l'impeccable exécution de l'aigle noir, et si cela se termine comme samedi dernier par la reprise de LSD rockers, c'est l'occasion offerte aux spectateurs encore présents (il y a eu une lente fuite des cerveaux, peut-être en direction des Champs-Élysées) de hurler une dernière fois, histoire de conclure cette heure de set de la plus belle des manières. Bref, même dans l'adversité (matérielle), le groupe aura assuré le coup superbement, et on ne regrette donc pas le déplacement tardif !

 

Set-list :

  1.  Bogota
  2. Peste noire
  3. Datcha
  4. Peine totale
  5. Kriegspiel
  6. Mauser fucker
  7. Loco commotion
  8. Love me tendo
  9. Smell the wasp
  10. Mon goal
  11. Les feux de l’amour
  12. Idi amin
  13. Carpates show
  14. Milady en sous-sol
  15. Bloody mary
  16. Loto critique
  17. Utah bitch
  18. Les avortons
  19. L’aigle noir
  20. Rockers

 

 

La suite, c'est dès ce mercredi , au même endroit pour le deuxième soir du même festival, avec à l'affiche Guerre Froide et Guili Guili Goulag…