Date : samedi 30 juin 2018

 

Parmi les choix de sortie qui s'offrent à nous en ce samedi soir de non-avènement du Messi, prendre la direction du Supersonic ne semble pas forcément la plus probable au départ, c'est pourtant vers Bastille qu'on se dirige, mais il faut dire qu'on a quand même de bonnes raisons pour cela...

 

En effet, outre la gratuité de l'entrée (il n'y a même pas de videurs aujourd'hui, et les groupes ont été très bien accueillis, c'est à noter), c'est Louis Lingg and the Bombs qui régale, et on sait à quel point le groupe est capable de mettre le feu à une foule, y compris lorsque les spectateurs ne sont pas forcément venus pour lui. Arrivés sur l'air du générique d'Aujourd'hui madame (cela ne dira rien aux plus jeunes...), les six membres du groupe (batterie, basse, guitare, clavier, pour accompagner la chanteuse et le leader/chanteur/guitariste/animateur de soirées) se mettent en place rapidement, et entament sur les chapeaux de roues un set basé principalement sur le dernier album en date ("favela ninja") et le dernier EP en date (" hopeless love in the age of the glitch"), à base de punk, de rock, de hip-hop, de chœurs poppisants... Il y a de quoi animer les spectateurs, un duo de gentils pogoteurs se forme d'ailleurs très rapidement, et ne cessera de danser devant la scène (à ces températures, ça doit être une prescription médicale, car la logique est plutôt d'éviter le moindre mouvement), au grand plaisir des musiciens. Josh, le leader, passera d'ailleurs une partie de son temps à se balader dans la fosse, il profite d'une densité de spectateurs pas encore trop importante, mais ses comparses ne quittent pas la scène, Arno le guitariste et Julie Hate la chanteuse ont choisi l'option "pieds nus", on peut les comprendre, et le public répond avec ferveur aux appels réguliers de participation vocale ou de claquements de mains (revolt). Ce concert est particulier, car c'est le dernier concert de Greg le batteur, il y a donc une mise en scène totalement bluffante pour qu'il passe le témoin en cours de set à son successeur (les deux se partagent la batterie le temps d'un titre), et la deuxième partie du set est l'occasion de constater que le successeur assume déjà très bien son rôle. Si Arno a quelques difficultés à se faire entendre (on y croit, à l'extinction de voix ?), c'est l'occasion d'inviter les Canadiens de We Outspoken, qui avant d'investir la scène à leur propre compte viennent faire les chœurs sur WTF. Après avoir constaté que la vraie langue maternelle de Josh n'est ni l'anglais, ni le français, mais l'allemand (son "eins, zwei, drei, vier" est digne d'un teuton 100% certifié), le groupe rend un petit hommage supplémentaire au guitariste japonais du combo canadien puisque Julie Hate interprétera en japonais deux titres d'affilée. Le set se terminera sur un rave & steal homérique, après une cinquantaine de minutes sans temps mort, et au vu des réactions de spectateurs venus par hasard mais pas conquis d'avance, l'opération séduction a admirablement fonctionné. Bref, le choix du Supersonic était le bon, même si la suite de la soirée sera un peu moins enthousiasmante...

 

Set-list :

  1. favela ninja
  2. grindstone
  3. revolt
  4. twitter
  5. occupy everything
  6. freedom fighter
  7. sheena is too old
  8. what the fuck
  9. louis lingg anarchist / oi / louis lingg anarchist
  10. conspiracy
  11. onigiri
  12. kokoro no tabi
  13. destroy civilization
  14. happy day
  15. rave and steal

 

Car la suite, c'est donc le quatuor canadien We Outspoken, qui nous propose un punk-rock que l'on qualifiera de "punk à roulettes", à la manière américaine, c'est-à-dire carré, efficace, mais également avec assez peu de variations... On notera tout de même une reprise improbable des garçons coiffeurs de A-Ha, même si la reprise n'améliore guère l'original, il faut dire qu'il est difficile de faire de miracles avec une bouse en guise de matériau de base. Ce titre est l'occasion offerte à Josh et Julie Hate de venir faire eux aussi les chœurs, cette chanson fait entrer en transe certaines spectatrices, il n'y a pourtant pas de quoi, et si le groupe reprend ensuite le cours normal de son set, cela n'a pas fait évoluer la sensation de linéarité qui l'anime (peu). Alors, plutôt que d'attendre la fin du set et la suite de la soirée, on quitte les lieux, on ne reverra donc pas Toybloïd, ce sera pour une autre fois...

 

On prend un peu de repos, et on se prépare pour le festival de la Ferme Électrique le week-end prochain.