Date : mercredi 27 juin 2018

 

 

 

C’est mercredi, il fait chaud, les transports ne connaissent pas les courants d’air (sauf en hiver, bien sûr), et on se propose d’aller s’enfermer au Trianon : il y a quelque chose de masochiste chez les amateurs de musique…

 

D’ailleurs, en arrivant peu avant l’heure annoncée de début de la première partie, les spectateurs sont très peu nombreux, les bouteilles d’eau font concurrence aux demis ou pintes de bières, et on sent que le pogo ne sera pas forcément de mise ce soir… En plus, ce ne sont pas les premiers titres que nous propose le duo It’s Sunday qui vont nous inciter à nous bouger, la voix trafiquée (de manière insupportable) du chanteur-guitariste, associée à des morceaux qui font se suivre des temps pop (très pop, même) et d’autres rock (l’occasion pour le guitariste de mimer les guitar hero), nous donnent surtout envie de se réfugier vers le bar, là où l’on entend finalement quasiment aussi bien que dans la salle… Et puis, peu à peu, on se rend compte que lorsque le chant s’humanise, qu’il passe éventuellement à deux (la batteuse évoquera parfois dans sa façon de faire une Lydia Lunch, en plus énervante), et que les inspirations très diverses se focalisent par exemple sur un Jesus & Mary Chain (ce n'est malheureusement pas la référence principale), la mayonnaise prend, et même très bien. Les textes sont en français ou en anglais, mais dans un cas comme dans l'autre ne retiennent guère l'attention, et s'il y a des adeptes de pop simili dépressive, cette première partie était pour vous ! Pour ma part, sans tout rejeter en bloc, je ne me suis tout de même que rarement senti concerné par ce qui se passait sur scène...

 

Même si j'avais revu les Jesus and Mary Chain il y a 3 ans et demi, l'excellent concert de l'époque n'était concentré que sur de vieux titres. Ce soir, le groupe formé autour des frères Reid (Jim au chant et William à la guitare, avec une tignasse hésitant entre Buzz Osborne et Lol Tolhurst) va mélanger allègrement nouveautés (5 titres tirés de "damage & joy", dont l'inaugural amputation) et vieilleries, au grand plaisir d'un public certes pas forcément hyper nombreux (on ne se marche sur les pieds que par plaisir d'écraser les orteils dépassant des tongs) mais totalement immergé dans la musique du groupe. Pour accompagner les deux frères, on a un second guitariste, un bassiste et un batteur, mais qui resteront bien en retrait, d'ailleurs seul Jim restera en bord de scène, et tentera quelques tentatives timides d'échanges avec le public - la communication n'a jamais vraiment été le fort des Écossais. De mon point de vue, les trois ou quatre premiers titres, s'ils restent de qualité, sont presque trop propres par rapport à ce que l'on attend des JAMC, y compris un head on qui subit un faux départ de William, mais dès que la saturation commence à régner en maître sur le son du groupe, on cesse de se poser des questions, le mur du son est impressionnant, et si on se passerait couvent bien du mur de lumières qui l'accompagne, cela ne reste qu'un désagrément mineur. Les titres sont tirés de toutes les périodes et tous les albums du groupe (pas uniquement, d'ailleurs, puisqu'on retrouvera les singles snakedriver et some candy talking), cela fait donc plaisir à chacun, qui a toutes les chances d'y retrouver son morceau fétiche, et les premières secondes de chaque titre sont régulièrement validées par des cris de joie. Gros son, gros aveuglement (ah, le plaisir des stroboscopes...), et au final la set-list défile à vitesse V, sans que jamais on ne regrette de se retrouver là ce soir. Cerise sur le gâteau, le set se termine sur un reverence dantesque, puisant tant au i wanna be your dog qu'à toutes les vaches sacrées américaines, et lorsque Jim et ses comparses quittent la scène, on est presque surpris de constater que cela ne fait QUE 70 minutes d'immersion dans l'univers torturé de la famille Reid...

On a à peine le temps de respirer que le quintet revient en scène, il est au passage devenu sextet puisqu'une choriste est là pour accompagner Jim sur just like honey, autant dire un redémarrage en douceur, mais cela ne dure pas, puisque les quatre titres suivants vont mettre à mal les oreilles des plus fragiles (pourtant, le niveau sonore n'est pas forcément hyper élevé), cette bonne vingtaine de minutes de rappel (on ne se moque pas du monde, ici !) se terminant en apothéose, avec un i hate rock'n'roll étiré sans sembler interminable, et lorsque les lumières se rallument définitivement, on constate qu'il est encore tôt (même pas 22h30), que le groupe nous a gratifiés de plus d'une heure et demie de set, et que la grande majorité des spectateur a l'air ravi de la prestation de ce soir. Alors on pourra toujours ronchonner en regardant les tarifs pratiqués au merchandising (25€ le t-shirt, ça ne fait pas rêver !), la conclusion de la soirée reste hyper positive, et on valide la précédente expérience live avec le groupe, qui conforte au passage l'excellente impression qu'a laissé le dernier album. Ce retour au premier plan est une totale réussite !

 

Set-list :

  1. amputation
  2. april skies
  3. head on
  4. blues from a gun
  5. black and blues
  6. mood rider
  7. far gone and out
  8. between planets
  9. snakedriver
  10. teenage lust
  11. cherry came too
  12. all things pass
  13. some candy talking
  14. half way to crazy
  15. darklands
  16. reverence
  17. Rappel : just like honey
  18. cracking up
  19. in a hole
  20. war on peace
  21. i hate rock 'n' roll

 

La suite, c'est dès jeudi soir avec le retour de la Colonie de Vacances (c'est bientôt la saison) à la Station.