Date : samedi 9 juin 2018

 

Après une émission Konstroy plutôt chaotique (invités en retard, problèmes de son, difficultés de timing...) quoique intéressante (le soutien du soir est au profit du centre autogéré Laylac, en Palestine), on a pour une fois l'occasion d'assister à l'intégralité des concerts prévus au CICP. Il faut dire que pour une fois, on est en pseudo-direct, c'est samedi et cela retransmis dimanche sur RFPP (106.3, rfpp.net) à 18h comme d'habitude, et les instruments ont mis du temps à arriver sur la scène...

 

Pour entamer la soirée, réduite à deux groupes puisque le 3e a déclaré forfait pour raisons de santé, c'est le groupe Brixton Cats, revenu du néant ou presque, qui s'y colle, en forme de quintet avec 3 anciens et deux nouveaux. N'étant pas familier de la discographie du groupe, j'aurais du mal à comparer la prestation de ce soir avec ce qui se passait sur scène ou sur galette il y a 5 ans, mais on ne peut nier que le groupe nous offre un punk-rock plus qu'honnête, qui conquiert le public (malheureusement guère nombreux) présent, avec ses hymnes tels palestine (sacrément bien adapté à la soirée). Si on sent que le groupe est content d'être sur scène, les spectateurs le lui rendent bien, et s'il y aura une once d'incompréhension lorsque les lumières se rallumeront après une belle reprise de a forest (Cure), c'est que les musiciens pensaient pouvoir jouer une heure alors que les 3/4 d'heure de set sont la seule possibilité pour les organisateurs de gérer le temps qui reste pour permettre au 2e groupe de bénéficier du même temps de jeu sans pour autant dépasser trop la limite théorique de 22h. Bref, gageons que les Brixton Cats n'en tiendront pas rigueur au CICP, et espérons que les problèmes techniques du type rencontré ce soir se résoudront plus vite les prochaines fois (le concert n'a réellement démarré qu'après 20h...).

 

On ne peut que regretter que le public, déjà dispersé jusqu'alors, s'amaigrit encore à l'heure où les 3 Gnomes grimpent sur scène, et on ne peut que blâmer les absents et les ex-présents, tant le trio hardcore va démontrer qu'il ne se démonte pas devant l'adversité et une salle dégarnie. En s'appuyant sur ses vieux titres (période les Gnomes) comme petit pois, ou ses plus récents tels deh bünga deh bünga, le groupe fait preuve d'une énergie impressionnante, et on sent que, comme toujours, il  est totalement heureux d'être sur scène, ce qui s'accompagne par exemple d'une distribution de chapeaux pointus turlututu, et donne à la salle un petit air de fête assez incongru mais plutôt agréable. Ce soir, comme hier avec Hinin, le chant est dévolu au batteur, et tout comme avec le duo tulliste cela n'est pas au détriment du rythme, puisqu'un certain nombre de morceaux comportent des changements de rythme guère faciles à gérer en sus du chant, d'autant que celui-ci n'est ni en français ni en anglais, mais en ogam, la langue officielle du peuple des Gnomes... Autant dire qu'il n'est pas facile au pékin moyen de reprendre en chœur les textes, mais cela n'empêche personne de reconnaître les titres, y compris les reprises plus ou moins habituelles, celle du too drunk to fuck (Dead Kennedys) précédant celle du bomber (Motörhead). La référence aux Dead Kennedys est d'ailleurs omniprésente en ce qui concerne la musique du groupe, et ce n'est absolument pas au détriment du trio français, on sent que la filiation est évidente autant que gérée, car le groupe réussit à seulement trois musiciens à nous emporter dans son univers rapide mais pas bourrin... Comme les Brixton Cats, le groupe doit stopper son set après trois quarts d'heure sacrément intenses, mais cela ne crée aucune crispation, les conditions étant connues dès le départ, et comme le trio rejoue très bientôt à Paris ou Montreuil (les 21 et 28 juin prochains), il sait pouvoir nous offrir une nouvelle belle prestation rapidement - en espérant avoir un peu plus de public que ce soir... Comme quoi, ce test d'un CICP du samedi soir n'est pas forcément très concluant...

 

La suite est encore incertaine, il y a de bonnes choses potentielles mais la prochaine certitude concerne le retour de Jesus & Mary Chain au Trianon.