Date : vendredi 8 juin 2018

 

Étonnamment, c'est la première fois qu'on met les pieds à la Gare XP, en ce vendredi soir, alors que le lieu, pour le moins alternatif, incite à y passer du temps : un petit lieu, avec un grand jardin, on n'a vraiment pas l'impression d'être à 20 mètres du tramway, et on comprend que les organisateurs du festival Ville Maudite aient décidé que la première soirée se déroulerait ici. Prix libre à l'entrée, cocktail d'accueil (à base de pastèque, mais on jurerait qu'il y a d'autres éléments dedans qui peuvent rendre fou...), pinte de bière à 3€, en plus il fait grand beau temps, bref on pourrait bien juste s'allonger dans l'herbe et laisser les heures s'écouler...

 

Mais on n'est pas là que pour flemmarder, il y a des concerts qui nous attendent,, dans un ancien garage, autant dire qu'à 30 on respire à peine, heureusement que la météo permet aux spectateurs de se placer à l'extérieur pour une qualité acoustique pas forcément pire qu'à l'intérieur... Venus de Toulouse, les quatre Nightwatchers ouvrent le bal avec un punk assez classique mais très énergique, qui s'appuie sur un chant à trois voix (les deux guitaristes et le bassiste, seul le batteur est muet), et me fait régulièrement penser à Litovsk, ce qui est plutôt positif comme accointance. La salle est pleine à craquer (on vous a dit que cela se faisait très vite), et si cela ne dure qu'une demi-heure (il y a quatre groupes à l'affiche du jour, et une deadline pour 22h), on aurait du mal à se plaindre d'une telle entrée en matière ! Bref, un groupe à suivre, et de près.

 

Le temps de changer la scène, de passer au bar et aux toilettes, et c'est le duo tulliste Hinin qui entame son set, là c'est le batteur qui chante l'essentiel des paroles, tandis que le guitariste gère avec application l'ensemble de ses pédales d'effets, qui lui permettent de faire comme si le duo était un quatuor ou presque... Le groupe ne nous est pas inconnu, puisque le groupe m'avait contacté en fin d'année dernière pour chroniquer son EP, ce que j'avais fait avec un réel plaisir, bluffé par le post-punk coldifié de temps à autres qui n'évoque que de bonnes choses, autant dire que j'attendais cette première date parisienne avec impatience. Et inutile de garder le secret plus longtemps, cette grosse demi-heure aura tenu toutes les promesses esquissées par le 4 titres, et sera même allée bien au-delà, tant les morceaux connus prennent de l'ampleur sur scène tandis que les titres encore inédits se placent au même niveau. On reste toujours dans un post-punk bien énergique, les références cold ont un peu disparu (mais le son n'est pas parfait ce soir), sans que cela ne remette en cause la qualité globale de la chose, il n'y a pas un seul titre faible, et si les paroles restent encore difficiles à décrypter, cela reste du détail, tant on est pris dans l'ensemble de l'univers hininesque. On retrouve de temps à autres les ruptures rythmiques déjà décelées en studio, qui confirment que, contrairement aux idées reçues, un batteur qui chante ne se limite pas forcément, techniquement parlant, et cela aussi est bluffant. De manière surprenante, il y a un peu moins de monde devant la scène, à croire que c'est le moment choisi par les spectateurs pour se désaltérer ou se restaurer (prix libre, là aussi), en tous cas les absents ont eu sacrément tort !

 

On se remet de ses émotions en testant les plats vegan (plutôt bons, à vrai dire), cela explique qu'on rate totalement la prestation des Bordelais de Shock, mais on ne va pas partir sans se remettre un peu de musique dans les oreilles, alors on va écouter un peu (pour voir, il faut être au premier rang...) les Glam Skanks, qui comme on peut s'y attendre ont des velléités glam prononcées. Mais très vite, en dehors de l'attitude provocante et de quelques soupçons d'évocations des riot grrls, on trouve un son de guitare bien métallique, qui m'empêche de m'éterniser, je ne suis pas ici pour me refaire mal en écoutant L7 ou l'un de ses succédanés. Mais cela ne remet nullement en cause la qualité de ce festival, qui se poursuit tout le week-end dans divers lieux Paris/banlieue, et dont on espère qu'il ne sera pas qu'un feu de paille.

 

La suite, ce sera dès ce samedi au CICP avec les 3 Gnomes. Par la suite, la prochaine certitude concerne the Jesus and Mary Chain, fin juin au Trianon.