Date : mercredi 30 mai 2018

 

En ce mercredi soir, on s'attend à ce que la Comedia soit bondée, pourtant c'est loin d'être le cas lorsque la première partie s'installe sans vraiment faire de balance, mais rassurez-vous, au fil des minutes cela va se remplir, et il va faire bien chaud, sauf pour les nantis qui sont à proximité de la clim...

 

Je n'avais vu qu'une seule fois Julie Colère précédemment, c'était il y a cinq ans pour une affiche identique, à la Miroiterie, et je n'avais pas forcément adhéré au "punk-musette" du quintet, et je ne vais pas mettre longtemps pour confirmer cette impression ancienne. En effet, je ne suis à la base pas fan de l'accordéon, et je n'accroche pas à la façon de chanter de la préposée au poste, c'est donc une conjonction de difficultés pas forcément simples à surmonter... Pourtant, cela pourrait passer, car avec deux guitares une basse et une batterie, il y a moyen de noyer un peu les choses, et d'enrober d'une énergie suffisante pour le leurrer, mais même si je comprends que le public soit bluffé, par la présence autant que par la musique, ce n'est pas vraiment mon cas. Pourtant, il y a des idées intéressantes, par exemple l'alternance de guitare et de banjo, ou l'utilisation parcimonieuse d'un pipeau, et les textes sont résolument engagés, mais cela ne me suffit pas. Cela ne signifie pas non plus que je passe une heure de profond ennui, c'est juste que j'attends la suite, sans impatience mais sans beaucoup de passion non plus.

 

On remarque qu'en allant chercher un peu d'air à l'extérieur, la densité de population a largement augmenté, autant dire que cela va jouer serré dans les minutes qui vont suivre, et cela signifie également qu'en dehors des spectateurs à proximité immédiate de la scène, la majeure partie du public entendra la musique, mais ne verra pas grand chose de ce qui se passe. C'est un poil dommage, car les Brassen's Not Dead ont comme d'habitude emmené leur "Animateur à la Kon", on ne verra donc aucun de ses déguisements, mais ce n'est pas si grave, l'essentiel est dans la ferveur qui va entourer les réinterprétations des morceaux de Brassens. Car le chanteur connaît depuis 2006 une nouvelle vie dans le milieu punk, qui redécouvre grâce au groupe toulousain toute la finesse et la férocité du vieil anarchiste, et les réorchestrations aident également beaucoup à cette fascination post-mortem. Ainsi, au fil du concert, on aura droit en guise d'intro à des reprises partielles de Noir Désir, Clash, Pistols ou Parabellum, en allant même jusqu'aux Beastie Boys ! Il faut dire également qu'en insérant dans la set-list des titres aussi forts que mourir pour des idées, les patriotes ou le roi, le groupe joue sur du velours, et il peut en profiter pour insérer des titres plus classiques, mais qui prennent en ces temps une dimension particulière (95%, don juan). Pendant 55 minutes, le groupe fait défiler une ribambelle de titres tous plus efficaces les uns que les autres, et si on nage un peu dans sa sueur, sans même bouger un orteil, on n'ose imaginer l'état des pogoteurs du premier rang.

La densité est telle que le groupe ne fait même pas mine de quitter la scène avant le rappel (il ne pourrait passer à travers !), et il reprend donc les affaires là où il les avait laissées, avec pas moins de 5 titres qui vont s'enchaîner en une vingtaine de minutes, la chanson pour l'auvergnat recueillant beaucoup de suffrages mais hécatombe faisant évidemment bien plaisir à l'ensemble du public. Une heure et quart de set, mais cela ne suffit pas, alors le groupe s'offre une deuxième rappel, initié par les oiseaux de passage (réclamé depuis de longues minutes par certains), et clos avec putain de toi, repris en chœur par le public, qui s'il commence un peu à perdre en densité (on a dépassé 23h00) n'en continue pas moins à s'agiter avec frénésie. Au bout de cette heure et demie, on croit que c'est terminé, mais que nenni, le groupe est prêt à aller jusqu'au bout de la nuit, et comme Rachid n'est pas contre, il continue avec un troisième et dernier rappel, histoire de contenter au maximum les spectateurs qui l'ont soutenu sans relâche, et c'est donc après une centaine de minutes bouillantes que le groupe est autorisé à en finir, c'était une nouvelle fois un plaisir immense, et on ne regrette évidemment pas d'avoir fait ce choix aujourd'hui, même si comme souvent la concurrence entre les concerts sur Paris/banlieue était rude...

 

 

Set-list probable :

  1. le testament
  2. don juan
  3. la mauvaise herbe
  4. quatre-vingt-quinze pour cent
  5. les patriotes
  6. la rose la bouteille et la poignée de main
  7. marinette
  8. le temps ne fait rien à l’affaire
  9. mourir pour des idées
  10. la complainte des filles de joie
  11. le gorille
  12. le mauvais sujet repenti
  13. histoire de faussaire
  14. le roi
  15. Rappel : trompe la mort
  16. chanson pour l’auvergnat
  17. la mauvaise réputation
  18. hécatombe
  19. brave margot
  20. Rappel 2 : les oiseaux de passage
  21. l'épave
  22. putain de toi
  23. Rappel 3 : la ballade des gens qui sont nés quelque part
  24. pauvre martin

 

 

Un jeudi soir pour se reposer de cet enchaînement, et on va tester la reformation des Tétines Noires, ce vendredi au centre Barbara-Fleury.