Date : samedi 12 mai 2018

 

Échaudé par un premier soir où il fallait plus passer le temps que s'extasier devant les groupes à l'affiche, on prend le temps d'arriver au Trabendo, en ce samedi soir, où la programmation du Beau Festival, toujours très variée, ne nous a attiré que via son dernier groupe à l'affiche. On fait confiance aux horaires annoncés, et on se pointe vers 22h25, juste le temps de s'installer avant que cet ultime concert ne démarre, dix minutes plus tard.

 

Si la veille les timings ont été tenus à la minute près, ce soir ce n'est malheureusement pas le cas, et alors que j'avais tout fait pour éviter les quatre premiers groupes, et ne pas perdre mon temps à vous en parler, le groupe qui nous fait souffrir les tympans à l'extérieur dépasse de beaucoup le temps imparti, puisqu'à 22h35 il lui restera encore 20 minutes de scène. Alors décrivons succinctement ce que nous inflige First Hate, un groupe danois : du fond du Trabendo, le plus isolé phoniquement possible, on a l'impression d'avoir un groupe de reprises d'un échantillon du pire des années 80 (je sais, le nombre de groupes faisant partie de ce pire est très vaste), qu'on résumera en une collision/collusion entre INXS, Talk Talk et Tears for Fears. C'est immonde, cela fait remonter les pires cauchemars de l'adolescence, et comme les organisateurs ne semblent pas décidés à mettre fin à cette torture en faisant démarrer le set dans la salle, on peut également les en blâmer !

 

Heureusement, dès que le groupe annonce qu'il a fini son set, Deerhoof arrive sur scène, on sent que le quatuor devait piaffer d'impatience en coulisses, et l'installation rapide est suivie de plusieurs morceaux enchaînés hyper rapidement, sans doute histoire de ne pas perdre trop de temps en applaudissements... On se souvenait bien (on a vu le groupe une demi-douzaine de fois en 10 ans) du batteur, genre Animal du Muppet Show, et de la bassiste-chanteuse japonaise habituelle, qui multiplie les chorégraphies étranges en sus d'un chant enfantin et répétitif. Ce qui me semble avoir évolué depuis la dernière fois que j'ai vu les américains sur scène, il y a trois ans au Petit Bain, c'est que les deux guitaristes ont décidé d'approfondir le côté heavy/psychédélique de leur jeu, délaissant un brin l'aspect dissonant des morceaux, ce qui constituait jusqu'alors la patte du groupe. Alors souvent on se satisfait de ce côté expérimental, et le durcissement du ton des guitares est globalement au bénéfice des morceaux interprétés, mais on constate également que cela peut tourner à la démonstration, et dans ces cas le branlage de manche a tendance à me laisser froid, je me surprends à regarder ailleurs que vers la scène (le public, le téléphone, les techniciens son et lumière), ce qui est un indice de perte d'intérêt évident. Si on ajoute à cela des interventions du batteur, qui vient tenter de parler dans le micro, totalement évitables et qui ne font jamais avancer le schmilblick, vous comprendrez que je me sente un poil désarçonné devant ce show, envisageant même un instant de quitter les lieux avant la fin. Celle-ci intervient après 57 minutes, le groupe retourne en coulisses, mais comme les lumières ne se rallument pas on se doute que le rappel est imminent, c'est donc sans surprise qu'on voit revenir le quatuor, qui termine ses 63 minutes avec un titre en rappel, dans le droit fil du reste du set d'ailleurs. Il est minuit ou tout comme, on peut donc prendre le chemin du retour, avec en tête l'idée qu'on ne retournera sans doute plus voir le groupe sur scène, tant son évolution ne correspond plus à ce qu'on peut en attendre.

 

La suite, ce sera sans doute ce jeudi à l'Olympic, en testant les Soapgirls, mais c'est en fin de mois que les choses très sérieuses vont reprendre : Marquis de Sade à Villette Sonique, Legendary Tigerman au café de la Danse, les Damned au Petit Bain (même si je suis encore circonspect en ce qui concerne leur nouvel album), cela laisse augurer de bonnes soirées !