Date : dimanche 22 avril 2018

 

 

C’est dimanche, il faut se dépêcher en sortant de Konstroy pour ne pas débouler trop en retard au Supersonic, où heureusement le quart d’heure de retard habituel permet d’arriver alors que la première partie n’a débuté qu’il y a un petit quart d’heure…

 

Étonnamment, c’est la toute première fois que je me retrouve à voir Babel 17, et s’il est clair que je ne maîtrise absolument pas la discographie du duo (guitare/basse), le premier titre qui me tombe dans les oreilles se laisse volontiers écouter, du post-punk mâtiné de cold qui donne envie de continuer sur cette voie. Mais il ne faut pas se mentir, cette très bonne première impression ne durera pas forcément très longtemps, puisque je resterai un peu plus circonspect sur la plupart des morceaux qui suivront, sans réussir totalement à distinguer ce qui me dérange (le chant ou la musique ?)… Sans aller jusqu’à chercher à m’isoler phoniquement, j’avoue n’avoir pas cherché à rester devant la scène toute la fin du set : il me faudra sans doute me plonger dans les albums du groupe avant de retenter l’expérience live.

 

Je n’avais pas revu Norma Loy sur scène depuis plus de 7 ans (une excellent concert à la Scène Bastille), et je n’ai pas non plus écouté le dernier album en date ("Baphomet", 2016), mais j’ai confiance avant que le set ne démarre, même si cette confiance s’effrite un peu au fil des minutes qui s’éternisent, puisque les difficultés techniques s'accumulent avant même qu’on n'entende la moindre note de musique : visiblement il est difficile de faire sortir du son du laptop, autant dire que ce soir cela va être un poil expérimental ! Après une demi-heure de tâtonnements et de faux espoirs régulièrement déçus, le trio peut enfin démarrer son set, qui s’avérera globalement centré sur ce dernier album, à l'exemple du premier titre interprété, un baphomet qui ne me transporte pas forcément... Je parle de trio, il est vrai qu'un guitariste joue sur une partie des morceaux, mais globalement tout est centré sur le duo d'origine, Chelsea au chant (sous un chapeau à franges étrange) et Usher aux machines (lorsqu'elles veulent bien obéir) et claviers. On notera également que des vidéos sont projetées, mais sur le côté de la scène (vers la rue, pour ceux qui connaissent les lieux), ce qui n'aide guère à en profiter, et sera sans doute totalement invisible pour une partie des spectateurs. Comme toujours, le chant est habité, on ne peut pas s'en plaindre, mais ce soir, en sus des soucis déjà annoncés, j'estime que le côté synthétique prend bien trop le dessus, et que cela n'est sans doute pas le meilleur moyen pour moi de découvrir de nouveaux morceaux. Je reconnais quelques titres (freak, tvision, je me rappelle...), et je découvre au passage qu'après beaucoup d'autres (Daniel Ash, pour n'en citer qu'un seul) le groupe reprend blue moon, un titre connu pour sa reprise par Presley, mais là encore l'enthousiasme n'est pas forcément présent, la ballade langoureuse n'est pas ce que j'attends de Norma Loy... Vous le comprenez, je commence un peu à trouver le temps long, d'autant plus que le désappointement ne faisait pas partie de mes prévisions pour la soirée, mais l'interprétation de power of spirit (sans machines, donc rythmé uniquement par la voix de Chelsea) ajoute à la déception, ce titre emblématique aurait mérité meilleur sort - ou meilleure réorchestration, plus simplement.

L'espoir renaît lorsque Chelsea annonce dirt, la reprise des Stooges, mais il faut croire que les éléments se liguent les uns après les autres contre nous, puisque le titre refuse de démarrer, et il faut donc se fader une autre reprise, bien plus détestable celle-là puisqu'il s'agit du in heaven de David Lynch. Je m'explique : l'univers barré de Lynch coïncide très bien avec celui de Norma Loy, mais cela fait partie des cinéastes qui me filent des éruptions cutanées, y compris au niveau musical... Heureusement, et même si cela arrive un peu tard, je suis récompensé de ma confiance puisque le set s'achève sur un excellent speed pills qui à lui seul valait le coup de venir - j'exagère un peu, mais j'ai enfin retrouvé ce que j'étais venu entendre... Cette petite heure et quart se termine donc avec une bonne part de frustration pour un certain nombre de spectateurs, moi compris, mais j'espère que dans d'autres conditions (techniques, bien sûr, mais aussi éventuellement avec un groupe plus étoffé) le groupe saura retrouver son attrait scénique.

 

Set-list incomplète :

  1. Baphomet
  2. ??
  3. Freak
  4. TVision
  5. Blue moon
  6. Apocalypse
  7. ??
  8. Power of spirit
  9. Je me rappelle
  10. In heaven
  11. Speed pills

 

La suite, c'est dès ce lundi soir, au Point Éphémère, avec en test le quatuor féminin Hinds.