Date : samedi 14 avril 2018

 

C'est samedi, certains sont en vacances, pour d'autres c'est un week-end normal, cela ne doit pas nous empêcher d'aller jusqu'à la Comedia à Montreuil, où la Voix des Gnomes organise une soirée qui s'annonce plutôt sympa.

 

Même s'il n'y a pas encore grand monde lorsque les Freak-Frac entament la soirée, cela n'empêche pas le quatuor (guitare, basse, batterie pour accompagner une chanteuse) d'y aller à fond, histoire de rameuter au moins les spectateurs qui trainent devant l'entrée. Comme l'an passé au Cirque Électrique, on est loin d'être devant un groupe totalement carré, tant au niveau musical que vocal l'approximation punk est de rigueur, et si les déguisements sont toujours de sortie (on retiendra le nez-bite, qui se transformera plus tard dans la soirée en bite de front, mais aussi la barboteuse  et l'entonnoir du batteur), c'est que l'ambiance est amicale, à défaut d'être musicalement irréprochable. Cette grosse demi-heure est sympathique, mais on sent que ce troisième concert seulement du groupe n'a pas forcément beaucoup été anticipé, et vu que le groupe est introuvable sur le net, c'est sans doute que les quatre musiciens se complaisent dans cet amateurisme plutôt rafraichissant.

 

Changement de style avec le quatuor qui suit, puisque Causa Nostra est orienté "punk oï", tant dans le chant que dans la musique, pour le coup on est devant des morceaux bien carrés, et on comprend que le café se remplisse un peu plus. Cela dit, comme on n'est pas non plus devant la découverte du siècle, on abandonne le groupe un peu avant avant la fin de sa prestation, histoire d'anticiper les heures encore à venir : il faut se sustenter pour pouvoir ingérer/digérer les bières pas cher de la Comedia !

 

Le timing est presque parfait, puisqu'on revient devant la scène quelques secondes après que les quatre Donald Drunk ont entamé leur prestation, et on retrouve globalement le groupe tel qu'on l'avait laissé il y a une petite année au Cirque Électrique : on est plus ici devant du punk orienté Motörhead que Undertones, et ce n'est pas la reprise de Nirvana qui interviendra en fin de set (ne me demandez pas le titre, je suis déjà content d'avoir deviné Nirvana...) qui modifiera cette sensation. Même si ce n'est pas forcément mon style préféré, nul ne pourra nier que c'est assez efficace, et si une bonne partie du public est aux anges, ce n'est pas pour rien, et ce n'est pas non plus forcément dû aux litres de bières qui passent de la tireuse aux estomacs : le groupe sait y faire, le chanteur est percutant, et une fois de plus on passe un bon moment.

 

Mais personne ne sera surpris d'apprendre que c'est essentiellement pour (re)voir les 3 Gnomes que nous avons traversé Paris, constatant qu'on ne les avait pas revus sur scène depuis près d'un an (toujours le même concert au Cirque Électrique). Bon, pas d'inquiétude, le trio n'a pas fait sa révolution, il œuvre toujours dans un hardcore à l'ancienne, mais sacrément efficace, appuyant le chant du batteur par un duo guitare-basse bien rentre-dedans, et si parfois on ressent des ondes un poil trop métalliques à mon goût dans la guitare, cela n'est qu'occasionnel, et ne perturbe pas l'ensemble. Au programme donc, du hardcore, soit du punk ultra rapide, mais avec beaucoup de ruptures, et personne ne sera étonné d'entendre une reprise des Dead Kennedys, ce too drunk to fuck qui étonne toujours un peu lorsqu'on comprend qu'il n'est pas interprété en anglais mais en ogam, le langage gnome... C'est l'une des caractéristiques du groupe, qui s'y tient depuis ses origines il y a 35 ans, et si la langue ogam n'est que très peu usitée dans nos contrées, elle est pour le moins magnifiée à chaque sortie du groupe. Un peu plus tard, on n'aura pas non plus beaucoup de mal à reconnaître Motörhead derrière ce ace of spades, et le groupe réussit à mettre le feu à un parterre punk désormais bien dense, et qui atteint minuit sans en avoir l'air. On sait que les horaires sont variables ici, on se dit que c'est déjà surprenant d'avoir réussi à jouer aussi tard, mais on se souvient également que le patron est venu encourager le groupe en venant verser (en plein set !) des shots dans les gosiers de chacun des trois musiciens, c'est bien qu'il apprécie le trio, alors celui-ci a droit à un rappel d'une dizaine de minutes, histoire de bien finir cette belle soirée, et de prendre le chemin du retour avec de la musique plein la tête - et un peu de bière sur les vêtements...

 

La suite, ce sera jeudi soir à la Machine avec le retour de Christian Death.