Date : lundi 19 mars 2018

 

Même si cela a pris un peu de temps, le Point FMR a fini par annoncer complet pour ce concert du lundi soir, on s'étonne même que cela n'ait été annoncé qu'aussi tardivement, sans doute les aficionados les plus frileux auront-ils hésité à braver les conditions climatiques ne laissant que très peu entendre qu'on est à deux jours du printemps...

 

En guise de première partie, c'est le duo Bob & Lisa qui s'y colle, et si on avait déjà assisté sans déplaisir à une prestation du duo échappé des BellRays il y a neuf ans, ce soir la vingtaine de minutes et la demi-douzaine de titres joués laissent une impression un peu étrange. En effet, on sait qu'on retrouve la voix et la présence/prestance de Lisa en contrepoint du jeu plus fin que d'habitude de Bob à la guitare, mais comme les deux premiers titres ont tendance à nous rapprocher de sonorités countrysantes, cela me déstabilise quelque peu. Le "Acoustic Rock or Folk & Soul" auquel on s'attend est furieusement américain, bien plus que dans nos souvenirs, et si les morceaux sans Stetson se laissent bien écouter, on se dit que la version en groupe sera bien plus intéressante, et il ne va pas y avoir très longtemps à attendre.

 

Car on n'a pas plus d'un quart d'heure pour aller fumer sa clope au bord du canal quasi gelé avant que les quatre membres de the BellRays arrivent sur scène, notre couple déjà chaud après leur premier service accompagné d'une section rythmique classique basse/batterie, et le groupe démarre sur les chapeaux de roues, avec un bad reaction tiré du dernier album en date, ce "punk funk rock soul vol.2" sorti quasi concomitamment d'un EP 4 titres finement intitulé "punk funk rock soul vol.1", et j'avoue n'avoir jusqu'à présent écouté ni l'un ni l'autre, étant resté sur le dernier album en date, ce "black lightning" datant de 2010. Quelle n'est donc pas ma surprise en découvrant que cela me fait presque instantanément penser à Pat Benatar, et les morceaux qui vont suivre ne vont guère modifier ce premier avis. Bien sûr, ce n'est pas la référence qui me gène en soi, il suffit de jeter un œil sur ma collection de disques pour s'en convaincre, mais c'est plutôt le fait de ne pas reconnaître le groupe, et on se rappelle donc que déjà avec Bob & Lisa j'avais ressenti une américanisation du son qui ne va guère être démentie dans la suite du set... Car si on change d'inspiration au fil des minutes, c'est moins pour un genre "punk" que je ne reconnaîtrai guère (sauf à estimer que MC5 ou AC/DC sont des références punk) que pour du heavy rock, doublé de multiples petits solos de guitare qui me rendent bien moins extatique que la majeure partie du public. L'essentiel du concert sera d'ailleurs concentré sur les deux volumes sortis cette année, qui seront joués intégralement (14 titres sur les 20 joués !), mais je ne ressentirai pas vraiment non plus d'enthousiasme sur scène, Lisa laissant l'impression d'être là à contrecœur et semblant quasiment en pilotage automatique. Ce manque de plaisir me gâche ainsi pas mal le mien, en sus de morceaux qui parfois me laissent froid (la première partie de brand new day, au hasard), alors que pourtant tout semble réuni pour passer un beau moment : la voix de Lisa est intacte, le groupe semble au point, et même le guitariste et le bassiste ont droit à leurs titres chantés : si junior high, interprété par le bassiste, ne révèle pas un talent vocal évident, on retiendra plutôt un soul girl bien efficace que Bob assume avec talent, en sus d'une musique bien excitante, pour le coup. Au milieu de ces nouveautés pas forcément hyper convaincantes, on retrouve quelques morceaux plus anciens, tirés des deux albums précédents (2008 et 2010), qui insufflent un regain d'énergie sans pour autant emporter tout sur leur passage (everybody get up, infection). Et surtout, il y a ce sentiment d'assister aux boniments d'un vendeur, avec Lisa qui nous assènera un nombre de fois incalculable le slogan "punk funk rock soul !", et même la fin des 74 minutes de set, après un black lightning simplement sympathique, est un échange (assez interminable) de solos entre les trois musiciens, animé sans y croire par un Lisa qui distribue les rôles comme elle lirait sa liste de courses. Et après un petit tour en coulisses, lorsque le groupe revient pour le rappel attendu, c'est avec une reprise, bien pêchue, du johnny b. goode de Chuck Berry, mais là encore un peu gâchée par le retour du même jeu de solos, histoire de nous amener huit minutes plus loin, sans avoir révolutionné grand chose à la soirée.

Vous l'aurez compris, je ressors de là un poil déçu, habitué que je l'avais été concert après concert par des prestations électrisantes et pas calibrées à ce point, mais gageons que cela n'aura été qu'un coup d'épée dans l'eau, et que la prochaine venue du groupe dans nos contrées sera moins orientée commerciale et reviendra aux fondamentaux, au sein desquels l'énergie punk qui manquait ce soir retrouvera une large place.

 

Set-list :

  1. bad reaction
  2. mine all mine
  3. i can't hide
  4. i don't wanna cry
  5. every chance i get
  6. soul girl
  7. power to burn
  8. living a lie
  9. everybody get up
  10. infection 2008
  11. junior high
  12. shake your snake
  13. perfect
  14. brand new day
  15. man enough
  16. never let a woman
  17. now
  18. love and hard times
  19. black lightning
  20. Rappel : johnny b. goode

 

La suite, jusqu'à preuve du contraire, ce sera d'ici un mois, avec un enchaînement de concerts (Christian Death, Nits, Norma Loy, Hinds, A Place To Bury Strangers, tout ça en une semaine !) qui risque d'être épuisant. Mais on trouvera bien d'autres choses d'ici-là, comme Le Singe Blanc au Cirque Électrique qui se profile début avril...