Date : jeudi 7 décembre 2017

 

C'est jeudi soir, entre les gouttes glaciales on rejoint la Station, toujours aussi isolée du monde (avec des RER qui prennent un temps fou, ce qui n'arrange rien), et les températures glaciales n'incitent pas à trainer dehors, ce qui explique qu'on vérifie un peu le programme avant de partir.

 

Résultat, je m'abstiens d'arriver à temps pour la prestation de Paolo Tecon, sur la base d'une écoute rapide du soundcloud du bonhomme, je sens que la soirée peut s'éterniser, alors si je peux m'éviter trop de temps mort ou perdu, c'est déjà ça ! En me pointant vers les 22h, je m'attends à ce que le deuxième groupe à l'affiche soit déjà en train de jouer depuis une vingtaine de minutes, mais non, c'est une DJ qui est au travail, dans une optique assez boom boom électro-technoïde, cela a donc pris du retard (l'étonnement est limité), on en profite pour visiter un peu : on connaissait l'extérieur, à l'intérieur c'est à la fois pratique, dépouillé et relativement brut de décoffrage, peinture noire et restes apparents de l'ancienne destination des lieux, cela correspond assez bien à l'isolement relatif (on n'est qu'à 10 mètres du périph).

Une demi-heure après l'horaire annoncé (on craint déjà pour la fin de soirée), c'est un one-man-band qui entame son set : Petass dispose d'une machine (samples et boîte à rythmes), et c'est tout, alors vous pouvez imaginer que musicalement ça ne va pas être hyper varié... Qualifiant sa musique de "harshpop", placé dans une case "cold-électro-indus" par les organisateurs, le bonhomme s'appuie effectivement sur la répétitivité, des mots autant que des rythmes, et visuellement restera debout sur la table en avant-scène, enrobé de lumières qui évoquent de temps en temps les shows des Sisters (du très vert poussant à l'invisible), et je dois avouer que le début du set est pour le moins percutant et efficace. Malheureusement (à mon sens), la marque de fabrique du bonhomme n'évolue guère au fil des minutes, et je finis par trouver le temps un peu long, sans doute aussi dans la perspective de plus en plus probable d'un retard conséquent pour la prestation du groupe suivant, qui m'a attiré hors de chez moi en pleine semaine bien fatigante. Au bout de cette heure de set, je reste mi-figue mi-raisin devant ce qui nous a été présenté, qui sans vraiment rentrer dans mes codes d'écoute habituels était plutôt efficace, mais aurait dû se renouveler pour me tenir en haleine au-delà du quart d'heure... Bref, vivement la suite !

 

L'attente est bien longue, visiblement personne n'est pressé, alors il est 23h30 largement dépassé lorsque le duo Les Morts Vont Bien entame sa prestation, initié par la chanteuse-claviériste avant que son comparse percussionniste-guitariste-bidouilleur ne la rejoigne. On connaît la formule du groupe, on l'a déjà appréciée plusieurs fois sur scène, et ce soir ne remet nullement en cause cette opinion, tant le mélange de bruitisme, de sons percussifs voire tribaux et d'un clavier-orgue oscillant entre dépression et films de vampires est exactement sur la longueur d'ondes qui m'émeut. La voix de la chanteuse est souvent très réverbérée, on a donc souvent du mal à en comprendre les paroles, mais cela n'est pas forcément important, c'est un élément musical parmi les autres, telle cette guitare posée à plat et utilisée en mode percussif (à coups de baguettes), une autre guitare utilisée de manière plus habituelle étant souvent suffisamment distordue pour coïncider avec la tension qui peut émaner de chacun des morceaux. Ce qui est très appréciable également, en comparaison du groupe précédent par exemple, est que tout est joué, et que cela ouvre la porte à certaines imperfections (je ne dirais pas "pains"), qui font partie de l'efficacité du groupe, qui s'ennuierait sans doute si tout était carré et fonctionnait sans le moindre pépin. Je suis donc en train de me prendre la claque prévue/espérée, mais les contingences matérielles gâchent le plaisir, puisque l'angoisse de la galère dans les transports en commun m'oblige à quitter les lieux avant la fin du set, c'est vraiment regrettable, d'autant que le duo est plutôt rare sur scène, chacun des deux musiciens faisant partie d'une multitude d'autres projets... Donc c'était excellent, mais cela aurait surtout été parfait si la Station avait tenu les horaires annoncés, je ne serais pas reparti avec la déception de manquer la fin du set !

 

Vendredi soir, changement de style et d'atmosphère, puisque c'est à la Comedia qu'on rejoindra Louis Lingg and the Bombs et quelques uns de leurs amis essonniens.