Date : jeudi 20 juillet 2017

 

Étonnamment, je n'avais encore jamais mis les pieds à la Station - Gare des Mines, alors que la programmation du lieu est pour le moins intéressante depuis de longs mois, alors en ce jeudi soir, pour oublier Max Gallo, on part en expédition du côté de la porte d'Aubervilliers (le métro est loin, le tram est l'approche la plus simple), et on se retrouve à passer de l'autre côté du périph, de très peu - même si on n'entend quasiment pas le trafic. Si la scène est extérieure, il y a de quoi s'abriter (de la pluie ou du soleil), des boissons à tarifs normaux (3€ le demi), et un arrangement général qui m'évoque un genre de Ferme Électrique urbaine...

 

Alors que les lieux sont demeurés assez désertiques jusqu'à 20h, on s'aperçoit que la foule est assez dense une vingtaine de minutes plus tard lorsque Taulard arrive sur scène. Pas mal de connaissances m'ont vanté le quatuor grenoblois, c'est donc avec une oreille très attentive que je m'intéresse au début du set, mais le hic ne met guère de temps à survenir : les morceaux s'appuient sur un clavier orguique omniprésent, de manière bien trop évidente pour que je puisse réussir à passer au-dessus de cet inconvénient majeur, selon mes critères auditifs. Pourtant, il n'en faudrait pas beaucoup pour que j'accroche à ce qui nous est proposé, souvent moins synth-punk que rock français 80's (Les Fils de Joie me viennent à l'esprit, de manière surprenante), car la section rythmique assure bien, et le chant (essentiellement proche du parlé) lui aussi met en avant des accointances inattendues, on ne citera ici que Litovsk ou Protomartyr. Bref, avec une guitare en plus, je serais sans doute presque enthousiaste, même si en guise de nouveau bémol on notera qu'on ne comprend les textes que de temps à autres, et que l'apport du sax (par le chanteur) n'est pas forcément toujours audible. Au final, ce sont trois petits quarts d'heure frustrants de mon côté, mais le reste des spectateurs semble bien plus convaincu, puisqu'on remarquera que la densité de spectateurs ne diminuera jamais devant la scène. Je comprends donc les réactions, tout en ayant du mal à les partager...

 

C'est surtout pour la prestation de Jessica 93 que je suis venu jusque là, et ce set en version solo, à l'ancienne, va totalement justifier le déplacement ! Geoff, en t-shirt Guns'n'Roses d'époque, montre qu'il est toujours capable de monter ses morceaux, à coups de boîte à rythmes et boucles, en alternant l'usage d'une basse et d'une guitare, et cette prise de risques est aussi excitante que lorsqu'on a découvert le bonhomme, et ce d'autant plus qu'il est loin de prendre cette heure de concert par-dessus la jambe. En s'appuyant sur les deux premiers albums (on attend le troisième pour début novembre), le public est sûr d'être comblé, d'autant que de subtiles variations apparaissent ici ou là, et qu'en guise de cerise sur le gâteau, on n'a sans doute jamais entendu aussi bien la voix du chanteur, on en comprendrait presque toutes les paroles directement. On le sait, les échanges avec le public ne font pas vraiment partie des habitudes de Jessica 93, qui reste très concentré sur ses instruments et ses morceaux, mais cela permet d'enchaîner les morceaux, histoire de maintenir la tension et l'attention des spectateurs, et si certains estimeront que tout cela manque parfois de rythme, on leur rétorquera que l'idée n'est assurément pas de faire tressauter les foules mais de les emmener dans une transe plus interne, et cet objectif est atteint la majeure partie du temps. On sera en revanche un peu désappointé de constater que la foule n'est plus aussi dense que pour Taulard, et si l'affluence est d'une quantité honorable on remarque que quelques hipsters (oui, on avoue quand même que le lieu est un brin branchouille !) préfèrent aller reprendre des forces avant le dernier set, plutôt que de profiter à plein de celui qui se déroule actuellement. C'est dommage, à notre avis, et ce n'est pas le nouveau titre ("c'est la deuxième fois que je le joue, il risque d'y avoir des ratés !" annonce le chanteur en préalable) interprété en conclusion du set qui va nous inciter à prendre du recul vis-à-vis de Jessica 93, au contraire l'ensemble de la prestation nous conduit à attendre avec beaucoup d'espoir ce prochain album - pour les concerts, il faudra être encore plus patient !

On n'attend pas le troisième groupe pour quitter les lieux, car la perspective de se fader l'EBM de Volition Immanent est loin de me faire rêver, ce n'est pas la peine de se faire volontairement du mal quand on peut l'éviter !

 

La suite, ce sera donc dimanche soir, avec le retour de 1919 au Klub.