Date : mardi 11 juillet 2017

 

Le Supersonic commence à faire partie de mes lieux de prédilection, mais je n'ai pas souvenir d'avoir vu autant de monde que ce mardi soir, on peut supposer que les vacances scolaires permettent à certains de se permettre de sortir en pleine semaine, sans doute également les groupes à l'affiche du soir du Festival Restons sérieux ont-ils réussi à rameuter du monde. En arrivant sur les coups de 20h15, le premier groupe a déjà démarré, et il est déjà impossible de s'approcher de la scène...

 

C'est donc un quatuor qui est en route, de son petit nom Les Guillotines, et si le style annoncé est "garage/psychédélique", on se rend compte très vite que cela va bien au-delà de cela. En effet, l'une des particularités du groupe est de s'appuyer sur des chœurs qui s'approchent souvent plus de la folk qu'autre chose, tandis que les musiques des différents morceaux varient beaucoup, le garage sixties habituel pouvant laisser place à des guitares assez dures, et lorsque je réussis à passer par dessus le chant (en français, comme tous les groupes qui joueront ce soir) qui me hérisse les poils des oreilles, j'arrive à trouver un intérêt à certains titres. Mais comme globalement je ne suis pas plus emballé que cela, j'en profite pour boire une bière, il faut profiter d'un bar accessible, cela sera bien plus complexe tout le reste de la soirée, puisque la salle continuera à se remplir au fur et à mesure du temps...

 

Je ne connais pas plus le deuxième groupe à l'affiche, ce quintet à deux guitares et clavier qui entame son set avec un premier titre (superbe) assez sombre, lent, et j'irais presque jusqu'à dark, mais assez vite Entracte Twist se rapproche de ce qu'on peut imaginer avec un tel nom, même si la musique plus rythmée est souvent associée à un mur du son de guitares impressionnant. Sans remonter aux années 60, on trouve ici de très belles références de rock français des années 80, et comme le chant pour le coup est très cohérent et adapté, on reste dans la musique du groupe d'un bout à l'autre du set. Certains me demanderont si le clavier n'est pas trop présent, je leur répondrai qu'effectivement parfois je le sens un poil trop en avant, mais il n'y a rien d'irrémédiable, et on en regrette un peu de constater que cette prestation n'atteint même pas la quarantaine de minutes. Bref, un groupe à suivre, et qui ce soir aura fait monter le niveau d'un sacré cran !

 

C'est la première fois que j'ai l'occasion d'assister à un concert de Perm 36, un groupe rouennais dont beaucoup de personnes fiables m'ont dit le plus grand bien, mais je comprends très vite que j'ai un problème insoluble avec le quartet. En effet, si le chanteur a une présence évidente, si le duo guitare-basse fait le job, si le préposé aux claviers (et boîte à rythmes) est lui aussi efficace, j'ai un mal fou à trouver de l'intérêt aux titres présentés, tant (au moins en début de set) le rapprochement avec Warum Joe (référence assumée du groupe, au demeurant) est évident, à tel point que j'ai le sentiment d'être devant un groupe de reprise de morceaux inconnus de WJ... Évidemment, même si les textes sont pertinents, ils restent bien en deçà de ce que Pascal fait de son côté, et il faut attendre de longues minutes avant que cette tutelle pesante ne s'éloigne un peu, et si le reste du set me perturbe moins, je n'en demeure pas moins circonspect, le chant martelé ne me touche pas forcément, et je constate que le public est déchaîné devant la scène, preuve que je dois faire partie des seuls à ne pas apprécier outre mesure ce qui s'y déroule. Le groupe fait monter des invités sur scène, et lorsque c'est le tour de Jean-Yves Lamenace, le synthé décide d'abandonner, on a droit à cinq petites minutes d'hésitation, avant que tout se remette en ordre de marche. Pour finir, le groupe nous offre une vraie-fausse reprise du new rose (Damned), histoire de clore en beauté ces 50 minutes. Pour ma part, je reste donc perplexe, car être le seul à rester de marbre dans la salle m'interroge sur mon état d'esprit, mais je vais rapidement tenter d'oublier ces minutes car le dernier groupe ne va pas tarder à grimper sur scène.

 

Le concert de ce soir a une tonalité spéciale pour les Olivensteins, puisque c'est le dernier de Clément derrière sa batterie, qui prend du recul (pour un an ?), et laissera donc sa place pour les mois à venir à un petit nouveau, Jérôme. Le groupe est en mode quintet pour l'intégralité du set, puisque la claviériste interviendra sur la plupart des titres, de manière souvent parcimonieuse, mais le quatuor habituel (guitare-basse-batterie et chant) est en pleine forme, on sent que chacun des musiciens est décidé à tout donner, et c'est pour cela qu'on est pour le moins déconfit en constatant que dès le titre inaugural est quasiment inaudible, on n'entend au rez-de-chaussée que la basse, et ce quel que soit l'endroit où l'on se positionne. Autant dire que les catalogues est bien gâchée, heureusement on trouve une solution en grimpant d'un étage, puisque de la mezzanine le son est relativement correct, au moins on y entend tous les instruments, et assez distinctement, cela va nous permettre d'apprécier à fond toute la suite du set. Et on ne regrette pas de ne plus être à proximité de la fosse, qui restera suragitée jusqu'aux dernières secondes, car la prestation musicale est sacrément costaude, à l'avenant d'un chant et d'une présence scénique d'un Gilles que l'on sent affûté comme jamais, et remonté et soulagé à la fois de pouvoir annoncer que le nouvel album (en fait, le premier album des Olivensteins !) va enfin sortir en septembre. C'est sans doute pour cela que régulièrement Gilles annonce que tel titre sera placé en telle position sur l'album, histoire de faire un peu lanterner les spectateurs... Maintenant qu'on entend bien, on constate que le groupe est sur la lignée de ses dernières prestations, implacable, carré, puissant, Vincent et sa guitare peuvent s'appuyer en toute confiance sur la section rythmique (et le clavier), il laisse parfois son imagination de musicien aller dans des territoires surprenants, et on gage que beaucoup auront été surpris de cette version d'euthanasie, étendue, torturée, qui nous emmène avec elle, bien au delà de ce qu'on croyait en connaître. Le public, on l'a dit, est totalement déchaîné, dans la lignée de toute la soirée d'ailleurs, et si évidemment fier de ne rien faire ou je hais les fils de riches remportent le concours interne de l'applaudimètre, aucun des autres titres n'est dédaigné, il faut dire qu'il faut être sacrément bégueule pour ne pas s'enthousiasmer devant ces précurseurs en pleine forme. Bien sûr, les horaires étant ce qu'ils sont, il faut bien s'attendre à ce que le concert ne dépasse guère minuit, alors on se contentera d'une prestation d'une heure, rappel inclus, en se disant que le groupe reformé depuis à peine quatre ans a pris une ampleur inouïe, et que la sortie de cet album devrait aider à conforter la réputation du groupe au-delà de la scène punk française. Vivement l'album, et vivement les prochains concerts !

 

Set-list :

  1. les catalogues
  2. tueur à gages
  3. pourquoi penser à moi
  4. né pour dormir
  5. en vue
  6. inavalable
  7. fier de ne rien faire
  8. temps de chien
  9. grand chef
  10. c'est trop fort
  11. juste
  12. je hais les fils de riches
  13. euthanasie
  14. la nuit tragique
  15. Rappel : je suis négatif
  16. le vampire

 

La suite, ce sera ce jeudi soir, à la Comedia, avec entre autres Dear Deer.