Date : mardi 4 juillet 2017

 

Le festival Days Off bat son plein à la Cité de la Musique, et si la soirée du mardi n'affiche pas complet, cela n'empêche pas d'avoir une belle affluence, arrivée suffisamment tôt pour profiter des transats mis à disposition en attendant le début des concerts.

Cette possibilité de se poser dans le calme est si efficace qu'on en oublie d'aller dans la salle de concert pour la première partie, je serai donc dans l'incapacité d'émettre la moindre impression en ce qui concerne la musique et la performance de Kate Tempest, si vous connaissez des spectateurs qui y ont assisté tournez-vous vers eux, de notre côté il y avait une bière à finir...

 

Il y a un peu plus d'un an, le quatuor féminin franco-britannique Savages avait mis le feu à la Cigale, et ce soir il n'y a pas de raison que les choses se passent différemment, étant donné qu'il n'y a pas eu de nouvel album depuis, on va rester sur les morceaux des deux premiers albums (6 du premier, 9 du second), et on s'en régale d'avance. Peu après 22h05, les lumières s'éteignent dans la salle, sur scène on arrive avec le désormais habituel noir et blanc qui règnera du début à la fin du set, et la guitariste en chemise blanche prend les devants pour venir torturer son instrument et nous promettre de la saturation à foison. Rapidement rejointe par ses comparses, le groupe est désormais au complet, guitare-basse-batterie en accompagnement de la chanteuse toute de noir vêtue, en costume noir ne cachant rien de son soutien-gorge de la même teinte. En entamant la prestation par un i am here qui scotche déjà les spectateurs par sa tension et la présence scénique de la chanteuse, qui ne permettra jamais au public le moindre relâchement, le groupe s'est offert d'entrée de jeu un changement par rapport à la set-list de l'an passé, même s'il est vrai que la trame du soir y ressemblera pas mal. Mêmes morceaux ou presque, même ambiance (lumières, surtout), et les attitudes des trois musiciennes sont également assez semblables à ce qu'on leur connaît : une batteuse qui tape sans compter, une bassiste qui sautille en permanence, et doit également entendre les morceaux avant même qu'ils ne soient interprétés, et une guitariste en mode autiste, qui joue seule ou avec les autres, dans tous les cas le résultat est bluffant, entre post-punk et punk bien virulent, les morceaux sont maîtrisés mais ne sont jamais galvaudés ! La chanteuse ne se contente pas d'interpréter les titres, elle les vit, n'hésitant pas à déclamer poétiquement avant city's full, et incitant très souvent les spectateurs à applaudir. À dire vrai, le début du set paraît presque joué en mode automatique, mais on se rend compte très rapidement que la tension ne fait qu'augmenter, et qu'on se retrouve totalement immergé dans la musique du groupe, et ces titres qu'on croit connus par cœur continuent à nous remuer les tripes bien comme il faut, il faut dire que la rythmique (quelle basse ! Quel jeu de batterie !) est loin de laisser le beau rôle à la guitariste, tout le monde est au top, et l'acoustique quasi-parfaite du lieu permet d'en profiter à fond. Visiblement très à l'aise ce soir (elle est revenue s'installer à Paris il y a peu), la chanteuse se permet un bain de foule, d'abord en s'y jetant, puis plus tard en se fait porter sur les genoux (avec ses talons aiguille, c'est sans doute préférable), un genre d'attitude à la Wampas qui impressionne toujours, et montre une sacrée confiance, tant de la chanteuse elle-même que vis-à-vis de son public. Au bout d'une petite heure d'une densité folle, on voit la chanteuse partir en coulisses, mais on ne peut pas vraiment parler de rappel, étant donné que ses acolytes restent sur scène, histoire de bien préparer un mechanics d'anthologie, et que dire des deux derniers titres (attendus, mais quand même !) du set ? Adore est le titre sans doute le plus émouvant, calmant le jeu mais conservant une sacrée intensité, tandis que fuckers symbolise le déchaînement des Enfers sur la Terre, une apothéose pour ces 78 minutes qui seront sans doute les dernières avant pas mal de temps, la chanteuse ayant annoncé en cours de set qu'il faudrait désormais attendre un petit bout de temps avant de les revoir à Paris (sans explication, ce qui laisse ouvertes pas mal de possibilités, du nouvel album à écrire à la pause pour recharger les batteries, voire à la mise en veille du groupe pour se consacrer à d'autres activités...). Cela confirme, s'il en était besoin, qu'il fallait être là ce soir, et comme le set se sera avéré d'une puissance folle, on n'aura aucun regret (bien au contraire !), même si le réveil du lendemain matin (les congés sont encore loin) sera un peu compliqué...

 

Set-list :

  1. i am here
  2. sad person
  3. city's full
  4. slowing down the world
  5. shut up
  6. husbands
  7. when in love
  8. surrender
  9. i need something new
  10. the answer
  11. hit me
  12. no face
  13. t.i.w.y.g.
  14. mechanics
  15. adore
  16. fuckers

 

La suite, ce sera, une fois n'est pas coutume, un festival, sur deux jours, du côté de Perpète-les-Oies, puisque ce week-end a lieu La Ferme Électrique à Tournan-en-Brie.