Date : dimanche 11 juin 2017

 

Tandis que certains attendent fiévreusement le résultat des élections, et la confirmation de l'aphorisme gaullien ("les Français sont des veaux", le bovin pouvant être aisément remplacé par le plus ovin mouton, et l'utilisation d'autres rimes en "au" ou "on" reste acceptable), le CICP accueille le "Projet Collectif Durga", qui en profite pour présenter son film-docu-fiction. En arrivant à la bourre (c'est dimanche, il fait chaud...), on rate un bon quart d'heure du moyen métrage, qui laissera un souvenir mi-figue mi-raisin, car si le contenu militant est plutôt finement amené, je reste un poil perplexe devant certaines mises en scène, et toujours aussi réfractaire au chant lyrique inclus, mais il est tout de même bon de constater que ce genre de projet reste faisable.

 

Il ne faut pas très longtemps avant que Western Machine ne se mette en route, et visuellement déjà le trio possède une certaine homogénéité (chapeau de cowboy pour le guitariste, chemise idem pour la bassiste, batteur tiré à quatre épingles) qui se confirme au niveau sonore puisque le "Rock Punk Garage" de la formule power trio est immédiatement efficace, et ne se cantonne pas à une quelconque resucée des hérauts du genre (Heavy Trash par exemple). En effet, on sait que Seb le Bison, le guitariste et chanteur (mais tout le monde chante, ici !) est souvent un homme de goût, évoquons simplement Rikkha, par exemple, et les titres qui se suivent ne se ressemblent pas forcément, d'autant que pour pimenter et réorienter les choses, un sax vient jouer le quatrième membre de temps en temps, ce qui peut aboutir à un morceau quasi 80's comme à d'autres choses bien plus énergiques et rentre-dedans, sur lesquels le garage-punk qui peut flirter avec les Sex Pistols se mâtine sacrément d'envolées du sax à la Steve MacKay. Bien sûr, ce mélange des genres peut en déranger certains, mais les petits problèmes techniques (les pédales du guitariste sont parfois capricieuses) ne génèrent aucun arrêt sur scène, et si le dernier titre fait pour le coup très western, cela n'est qu'une preuve supplémentaire de l'éclectisme du combo, qui en un peu plus de trois quarts d'heure fait une belle entrée dans la série des découvertes de l'année. Évidemment, on ne refusera pas une prochaine occasion de revoir le trio/quatuor, ça fait plaisir des soirées musicales plus que correctes qui s'enchaînent !

 

La dernière fois qu'on a eu l'occasion de voir les Lobster Killed Me, c'était il y a deux mois, le groupe annonçait son tout dernier concert, mais était arrivé avec plusieurs heures de retard, suite à un incident mécanique sur la route, alors ce soir c'est le "vrai" dernier concert, le groupe est là, à l'heure, et on peut tout de même regretter de ne pas voir une salle plus remplie (au bas mot, une demi-salle sans que personne ne se marche sur les pieds). Le quatuor (guitare-basse-batterie-chant) fait dans le "punk mélodique", soit un petit mélange punk-hardcore rapide mais pas trop violent, et si l'impression d'un genre de Burning Heads en moins abouti et moins reggae persistera tout au long du set, on finira par se laisser prendre au jeu, la bonne ambiance et (tout de même) la qualité des morceaux font qu'insidieusement les titres vous emportent, et on comprend les danseurs, devant la scène ou en fond de salle. On trouve quelques accointances surprenantes, avec par exemple une fausse intro à la shot by both sides (Magazine) suivie de peu par un faux riff à la we're a happy family (Ramones), dans la série des faux on citera également un malheureux faux début de bagarre (vite éteinte, l'alcool et la chaleur ne font pas bon ménage), mais cela passe quasiment inaperçu. Le groupe déroule son set de 45 minutes, y incluant une reprise des très méconnus Schlitz, puis quitte la scène, mais il est hors de question de finir sa carrière ainsi, alors le quatuor se plie avec plaisir au rite du rappel, et même des rappels puisqu'il poussera en deux fois jusqu'à la vingtaine de minutes. Ce rappel est musical, bien sûr, mais pas uniquement, puisqu'une piñata en forme de... homard (bien sûr !) est offerte au chanteur, qui la balance derechef dans le public, les spectateurs pouvant ainsi profiter des friandises qui y sont insérées, le homard terminant sa carrière en guise de couvre-chef du guitariste... Vous l'aurez compris, l'aspect musical n'était pas l'essentiel ce soir, en plus d'une cause intéressante il s'agissait d'offrir un bel enterrement aux Lobster Killed Me, et c'est exactement ce qui s'est passé !

 

La suite, ce sera ce mercredi, au Supersonic puisqu'on y retrouvera Life, qui nous avait sacrément plu en ouverture de Slaves au Trabendo il y a quelques mois...