Date : vendredi 9 juin 2017

 

Si jeudi soir on avait attendu une heure de plus que l'heure annoncée à la Mécanique Ondulatoire, en ce vendredi soir le même phénomène se reproduit au Chinois, à Montreuil, en arrivant un peu avant 20h on se retrouve à devoir attendre en regardant le marché installé sur la place se remballer, le ballet des camions est impressionnant, et les quantités de victuailles gâchées ne l'est pas beaucoup moins... heureusement, une petite Guinness aide à faire patienter !

 

On n'est pas encore très nombreux lorsque les quatre membres des Crazy Dolls and the Bollocks arrivent sur scène et entament leur set presque confidentiellement, le bassiste est encore en train de brancher son instrument que la batteuse et la chanteuse sont à fond, tandis que le guitariste est lui aussi sur la brèche. C'est donc le moment où tous ceux qui attendaient au troquet d'en face se pointent pour remplir (à moitié) la salle, car beaucoup sont impatients d'assister au set très rockabilly des bordelais, qui se mâtine de temps à autres d'une country qui me fait toujours chercher mon cheval des yeux (en vain, bien sûr !). On rigole, on rigole, mais il faut bien avouer que, sans être adepte forcené du genre, on peut apprécier ce qui nous est présenté, car c'est un set carré, propre, sans le moindre pain perceptible, et surtout mené par une chanteuse à la voix rauque/rocailleuse qui évoque la Joplin par instants, et est en permanence surprenante, car même en s'y habituant elle réussit à la moduler de manière à toucher les plus réfractaires. La batteuse fait contrepoids, car sa propre voix est bien plus haute, mais la conjonction des deux est largement efficace, et si on peut penser que certaines interventions de la batteuse sont un peu longuettes, on passe un bon moment, y compris sur le titre qualifié de psychobilly mais qui reste plus du côté rock que du côté punk de la force. Visuellement, c'est un peu étrange, puisque les deux filles sont très lookées (vêtements, coiffures), tandis que leurs deux comparses masculins font plutôt dans la chemise bûcheron et le no-look général, mais cela n'entame en rien l'enthousiasme qui règne devant la scène pendant les 40 minutes de set. Il y a mieux : alors que le groupe a annoncé qu'il ne peut effectuer de rappel, le public insistant réussit à faire revenir le quatuor sur scène, accompagné d'un 5e membre éminent puisque c'est Mat Firehair en personne qui vient accompagner la reprise du crazy voodoo woman, moins percutante que l'original (on le constatera plus tard dans la soirée) mais qui fait tout de même plaisir à tout le monde. Bref, ces trois quarts d'heure auront réussi leur entreprise, à savoir chauffer la salle et préparer les spectateurs à ce qui les attend maintenant.

 

Car il ne faut pas dix minutes avant que les Washington Dead Cats entament leur set, par un give me back my broken heart qui annonce une set-list semblable à celle d'Issy en mars, mais on notera tout de même le retour d'une section de cuivres trompette-sax 100% masculine, et surtout le groupe sera aussi explosif qu'il y a trois mois, tout en annonçant régulièrement que certains titres ne seront plus joués lorsque le groupe reviendra à Paris (en décembre à la Maro ?), puisqu'un nouvel album est en préparation (prévu pour novembre, ce qui explique qu'aucun nouveau titre ne sera joué ce soir). Mat Firehair, comme toujours très loquace, rappelle en introduction à treat me bad les malheurs ayant affecté le groupe cette année (vol du camion et du matériel du groupe juste avant un départ en tournée, ce qui a occasionné un appel aux fonds récompensé par un double album live qui est plus ou moins le générateur de cette soirée), le viol par un sanglier dans les Ardennes restant du domaine du délire - on l'espère, du moins. Mathias est en grande forme, la présence de jeunes enfants devant la scène y est peut-être pour quelque chose, mais le reste du groupe est lui aussi au top, ce qui s'accorde merveilleusement avec un public qui danse comme il faut, et qui applaudit à tout rompre entre les morceaux. Down under my feet est l'occasion d'une pique aux électeurs de Macron ("ils iront en enfer !"), blue surfin' girl permet un message amical aux Garage Lopez (Jean-Luc L est dans la salle), et lorsque la collaboration vocale du public est requise tout le monde s'emploie au mieux, ce qui convient aux musiciens, à voir leurs réactions... Mat cherche une rousse en robe bleue dans la salle, en vain (il y a des rousses et des robes bleues, mais pas la combinaison des deux), cela n'empêche évidemment pas de nous offrir une redhead girl with a blue dress on, il est difficile de faire la fine bouche devant ce qui est présenté, preuve que le dernier album en date (ossature de la set-list) vaut décidément le coup. On l'attendait, sans savoir quand cela se passerait : c'est sur oumamamama que Mat se retrouve en caleçon léopard, il fait chanter les enfants sur ce titre (les paroles les plus simples de toute sa discographie), mais enchaine sur l'explosif punkabilly rumble, avant d'inviter les deux filles des Crazy Dolls à accompagner le groupe sur crazy voodoo woman (le match retour, donc), mais également Jean-Luc Lopez, et également Angela (ex-trompettiste), pour une version plus percutante, on l'a dit, mais également plus foutraque, puisque même Mat se retrouve perdu et oublie les paroles, mais peu importe, c'est la fête partout dans le Chinois, et le groupe quitte la scène après 62 minutes qui n'ont laissé personne de marbre.

Le temps de remonter le niveau d'énergie, et le groupe revient, pour un rappel sous le signe de l'historique, avec la trilogie does your werewolf bark ? / who's behind the window / beetroot girl, évidemment c'est l'extase pour tous les spectateurs, et si l'atmosphère retombe (un tout petit peu) sur all i miss, l'un des morceaux les plus calmes de l soirée, on finit en beauté/apothéose avec la reprise du too drunk to fuck des Dead Kennedys ("vu ce que le Chinois fournit comme boissons, personne n'est bourré ce soir !"), ou comment clore 80 minutes en permettant une nouvelle fois de rentrer en transports avec du bon son dans la tête. Au passage, on n'oublie pas de récupérer son lot (album double vinyl + poster + badges...), puisque c'était la base de la soirée... Surveillez les programmations, les Wash vont encore se balader en France (et en Angleterre) cette année !

 

Set-list :

  1. Give Me Back My Broken Heart
  2. Pizza Attack
  3. Treat Me Bad
  4. Only Vinyl Is Cool
  5. Juju
  6. Down Under My Feet
  7. I'm a Dead Cat
  8. Blue Surfin' Girl
  9. Dead Cat on the Line
  10. Redhead Girl With a Blue Dress On
  11. Napalm Surf
  12. Under the Creole Moon
  13. Oumamamama
  14. Punkabilly Rumble
  15. Crazy Voodoo Woman
  16. Rappel : Does Your Werewolf Bark ?
  17. Who's Behind the Window
  18. Beetroot Girl
  19. All I Miss
  20. Too Drunk to Fuck

 

La suite, ce sera dimanche, au CICP, avec entre autres les Lobster Killed Me (s'ils ne pètent pas une nouvelle Durit pendant le trajet).