Date : mardi 30 mai 2017

 

C'est mardi, il fait chaud, et on imagine que cela ne va pas s'arranger à l'Espace B, puisque la salle de concert y est un cube bien fermé, à l'aération rarissime, et qui amène à la suffocation dès qu'on dépasse la cinquantaine de spectateurs. Et contrairement à la dernière fois que j'y ai mis les pieds, il semble y avoir du monde de motivé pour les deux concerts à l'affiche...

 

Peu après 21h, le quatuor parisien P.M.S. (pour PreMenstrual Syndrom, peut-être ?) est sur scène, prêt à jouer, il faudra que la chanteuse aille chercher l'ingé son pour qu'enfin cela démarre, et on va très vite comprendre que le "red zone hardcore" revendiqué est une appellation à la fois correcte (c'est globalement du hardcore, même si pas hyper rapide) et un peu frustrante, car les changements de rythme montrent que le groupe a des idées, mais qui sont encore relativement inabouties. En effet, la chanteuse est plutôt au point, le batteur fait ce qu'il faut, mais on sent beaucoup (trop ?) d'application dans les jeux de la bassiste et de la guitariste, ce qui donne l'impression de ne pas pouvoir vraiment se lâcher, de rester en dedans, et donc de ne pouvoir réellement emmener tout sur leur passage. Remarquez, cela n'empêche pas un quatuor de pogoter à qui mieux mieux devant la scène, quelques autres spectateurs restant plus sagement en limite de peur de rentrer avec des bleus, et une bonne majorité des spectateurs (80 personnes, à vue de nez ?) semble apprécier ce qui est offert, pour ma part sans vouloir jeter le bébé avec l'eau du bain, je reste sur ma faim, cette vingtaine de minutes n'est pas un supplice, loin de là, mais on espère revoir le groupe avec un peu plus de bouteille, et donc capable de paraître un peu moins scolaire.

 

On ne prend pas le temps de sortir, de peur d'éviter le début de la tête d'affiche, car les Américains de Priests nous avaient bien estomaqués il y a un peu moins de deux ans, et le quatuor mixte (les filles au chant et à la batterie, les gars à la basse et à la guitare) revient nous présenter des titres de son nouvel album, un bon alibi pour traverser l'Atlantique... Ce soir, la chanteuse ne fait pas dans le léopard près du corps, il fait sans doute trop chaud, elle se contente de cheveux colorés et d'une chemise-blouse immonde (enfin, ce que j'en dis...), et cela démarre comme un genre de Delta 5 psyché, c'est un peu surprenant, on retrouve la voix évoquant souvent Lydia Lunch, mais avec des tentatives de travail un peu surprenantes amenant à un genre plutôt blues rauque, bon il faut bien commencer, mais on attend mieux que ce premier titre. Le deuxième nous emmène du côté d'un indie rock bien plus pêchu, mais c'est à partir du 3e qu'on retrouve l'enthousiasme qui nous avait saisi au Picolo : on retrouve la guitare assez Siouxsie (et ses Banshees), pour un post-punk très vaguement gothique, mais qui emporte bien plus l'adhésion. Si le bassiste (et son allure poupine) et le guitariste (et son air de geek égaré par ici) réussissent à créer une sacrée osmose avec les acolytes féminines, c'est bien en n'hésitant pas à varier les genres et les tempos, et si la voix de la chanteuse va parfois jusqu'à évoquer une Sallie Ford, on ne voit pas le temps passer, car sans faire dans le gros son qui tache, le groupe crée une ambiance telle qu'on remarque quelques tentatives de slam dans la fosse, qui est bien dense (on dépasse la centaine de spectateurs) mais très respectueuse, à croire que chacun tient à ne pas perdre une miette de ce qui se passe sur scène. Le quatuor semble d'ailleurs surpris (et heureux, bien sûr) de voir autant de monde, et les trois quarts d'heure (sans le moindre rappel) qui seront allés crescendo auront confirmé tout le potentiel du groupe, et de manière moins exubérante qu'auparavant permis de valider une présence scénique au diapason de morceaux sacrément efficaces. On repart donc avec un CD dans la poche, et également avec la perspective d'un retour du groupe dès cet automne vers chez nous, rendez-vous est donc pris pour une nouvelle dose !


La suite, ce sera ce mercredi avec un ciné-concert au 104 avec The Legendary Tigerman, puis vendredi à l'Olympic avec Acetate Zero.