Date : samedi 11 avril 2015

 

Ceux qui sont arrivés tôt à la Mécanique Ondulatoire en ce samedi soir ont pu en profiter pour tester les délices du bar, car les concerts n'ont pas commencé avant 21h30... Et encore, on suppose qu'ils y sont restés, car lorsque la première partie entame son set, on n'est guère plus d'une grosse vingtaine dans la cave à avoir réussi à passer le contrôle sans énerver l'intransigeante préposée à la caisse (certains n'auront pas le même talent un peu plus tard)...

Pourtant, les trois membres de Trigger ne sont pas du genre à éviter, leur musique se laisse même plutôt bien avaler, même si les références annoncées sur le flyer (Stooges et Small Faces) laissent assez rapidement place (à mon sens) à du punk 77 de type Boys, par exemple. Il m'est difficile d'en dire beaucoup plus sur ce groupe, dont je n'arrive à trouver trace nulle part, cependant on notera un chant (par le guitariste) un poil trop aigu à mon goût, pas totalement compensé lorsque le bassiste (dont l'instrument rentre autant dans le plexus que dans les oreilles, acoustique du lieu oblige) pose sa voix, seul ou en complément de son comparse. Et comme le set ne dure pas plus de 25 minutes, on n'a pas le temps de se lasser, même s'il est probable qu'on oublie rapidement le son assez classique du trio, qui aura tout de même fait ce qu'il faut pour faire descendre des spectateurs dans la salle, qui est au final remplie à moitié lorsque la prestation se termine.

Heureusement (sauf pour les Trigger), la cave va se remplir bien plus lorsque la tête d'affiche va œuvrer, pas forcément rapidement non plus, mais après avoir stérilisé le micro avec une petite bombe (je n'avais jamais vu faire ça !), Sonny Vincent et ses trois musiciens entament leur performance sous le signe de... l'absence de voix du chanteur dans les enceintes ! Cette situation, qui ne semble pas déranger le groupe, est bien énervante dans la fosse, elle durera l'espace de trois ou quatre titres, et finira par s'arranger au fil des minutes, à moins que les spectateurs se soient habitués et aient pris le parti de tendre un peu plus l'oreille vers la voix ? Dans tous les cas, on a droit à un rock-punk au son très américain, qui pourrait par exemple évoquer celui des Dead Kennedys (premier album), avec quelques incursions dans un genre de hardcore pas trop accéléré, et des morceaux qui ne s'éternisent généralement pas, sauf malheureusement lors de quelques solos assez malvenus, même si je dois être le seul à m'en plaindre ce soir. Il faut savoir que le gars Sonny est semble-t-il un grand inconnu de l'histoire du punk américain, jusqu'au mois dernier je n'avais nulle connaissance de son nom, et si le bonhomme peut m'évoquer un genre de Dick Rivers, sans banane, un peu plus grand tout de même, avec une sangle de guitare arborant les lettres "FTW" (pour "Fuck the world", sans doute ?),la musique que distille son groupe n'est pas forcément à même de marquer les mémoires. Bien sûr, la voix est au point, et le chanteur sait capter l'attention, mais cela ne suffit pas à dépasser le niveau moyen du concert punk, et c'est évidemment bien en deçà de ce que l'on pouvait espérer de quelqu'un ayant sur son dernier album en date les participations de Rat Scabies (Damned), Steve McKay (Stooges) et Glen Matlock (Sex Pistols) ! Alors, au bout de 55 minutes plutôt formatées, on peut quitter la salle avec le sentiment du devoir accompli : s'il fallait avoir vu Sonny Vincent, c'est fait, et ce ne sera sans doute pas à refaire !

La suite, ce sera pour la semaine prochaine (enchaînement Gang of Four, Sleaford Mods, PKRK et Olivensteins à partir du 20 avril), à moins de commencer ce périple durant le week-end prochain.