Date : vendredi 17 octobre 2014

 

Le 104 a ramené du monde en ce vendredi soir, même si les vacances scolaires démarrent, un public jeune et excité par le spectacle à venir, ce que l'on peut aisément comprendre...

Petite surprise, la salle dans laquelle va se dérouler le concert du soir est relativement petite, bien plus en tout cas que lors de la précédente prestation de La Colonie de Vacances, à la Gaîté Lyrique l'an passé, et qui risque de créer des interférences sonores encore plus étonnantes... Car pour ceux qui l'auraient oublié, le principe de cette Colonie de Vacances est de réunir quatre groupes, que l'on qualifiera globalement de noise, dans une seule et même salle, et de les faire jouer ensemble, chacun étant sur sa propre scène, les quatre scènes étant situées au milieu de chaque côté du rectangle que constitue la salle... Nous avons donc, en entrant dans la salle, le trio Marvin (guitare, batterie, claviers), puis dans le sens horaire le duo Pneu (guitare, batterie), puis le trio Electric Electric (guitare, basse/clavier, batterie), et enfin le dernier trio Papier Tigre (batterie, guitare, basse). L'an passé, les groupes jouaient alternativement seul, à deux ou à quatre, mais ce soir cela démarre au complet avec les 4 batteurs qui nous assomment d'entrée de jeu, la petite salle est acoustiquement emplie des frappes sur les peaux, et le reste des musiciens qui vient apporter sa pierre à l'édifice permet de rassurer les éventuels inquiets : non le rassemblement des 4 groupes n'est pas sclérosé, il évolue, et en sus il donne son maximum pour contenter son public ! Alors c'est vrai que les scènes étant peu éloignées les unes des autres, on a tendance à avoir les oreilles plutôt attirées par la scène la plus proche de soi, d'autant qu'aller au milieu de la salle est impossible, sauf à résister au pogo qui ne tarde pas à s'y installer, et faire le tour de la salle est également une mission très compliquée, tant la densité de population y est élevée... Alors on finit par s'installer devant une scène pour n'en point bouger, tant qu'à faire on choisit de rester devant Pneu, car on sait que le batteur y est d'une efficacité rare, et qu'il vaut autant le coup d’œil que d'esgourdes, et on savoure ce qui se passe : s'il y a des moments où chaque groupe a droit à son morceau "en solo", le reste du temps ce sont plutôt les 4 groupes qui se complètent, sans se marcher sur les pieds, et si on regrette (pour la forme) qu'il n'y ait quasiment pas de duos en diagonale, il est impossible de ne pas être emporté par cette quadriphonie qui, si elle est puissante, ne sombre jamais dans le bruitisme, on ressortira d'ailleurs de la salle avec l'ouïe dans son état quasi normal, même s'il fallait tout de même éviter de demeurer devant les batteries sans bouchons d'oreilles...
Paradoxalement, l'événement de ce soir est parsemé de morceaux qui musicalement ne me titillent pas plus que ça les neurones, on se retrouve parfois en période early 70's, avec des sonorités flirtant qui avec le hard, qui avec le prog (ah, ce soir j'en mange, du clavier !), mais cela ne me pose pas la moindre douleur, car le spectacle dépasse tous les clivages musicaux. Bien sûr, l'amorce du money for nothing des odieux Dire Straits par le guitariste de Marvin aurait pu inverser ce constat s'il avait dépassé les 3 secondes du riff ultra-connu, mais cela n'était visiblement qu'une blague, et je n'ai donc pas eu besoin de me boucher les oreilles... Visuellement, tout comme acoustiquement, c'est impressionnant, et on constate que les rôles sont bien partagés au sein des 11 musiciens, qui ont eu toute la semaine pour se mettre au point, et c'est visiblement le batteur de Pneu qui mène les débats, au moins au niveau rythmique, tandis qu'il semble que ce soit le chanteur-guitariste de Papier Tigre qui gère le reste, c'est d'ailleurs sa voix qui émerge le plus souvent de l'ensemble des chants (au moins 5 micros), ce qui n'aurait pas forcément été mon choix de base mais ne pose pas non plus de problèmes existentiels...
Après 90 minutes sans temps morts, les quatre groupes quittent la scène, le temps de reprendre quelques forces, et peut-être également de laisser aux spectateurs la possibilité de redescendre sur terre, mais ils reviennent très vite, "pour deux titres" annonce le batteur de Pneu, "on veut deux morceaux" hurle un spectateur, "ça tombe bien" reprend le premier, et cela redémarre donc, encore plus intensivement semble-t-il, puisque lorsque les musiciens quittent définitivement leurs scènes respectives, après 100 minutes bondées jusqu'à la gueule, on a le sentiment d'avoir eu droit à un ouragan sonore, dont le rappel aurait été le paroxysme, et chacun quitte la salle avec le sourire aux lèvres, le mini-stand merchandising est pris d'assaut, et on espère que la deuxième soirée, c'est-à-dire ce samedi soir, au même endroit, offrira les mêmes émotions aux spectateurs qui n'ont pu y assister ce vendredi !

La suite, ce sera dès ce samedi soir quasi-estival, à la Cantine de Belleville avec Guerre Froide, entre autres.