Date : mardi 22 octobre 2013

 

Mardi soir, la Cigale se prépare à accueillir Anoushka Shankar, mais c’est vers la Boule Noire que nos pas nous dirigent, avec la crainte d’une salle peu remplie, ce qui ne sera le cas que le temps d’une première partie, on atteindra sans doute les 70% de taux de remplissage au final, avec un public plus jeune que prévu, ce qui est plutôt rafraîchissant !

 

Le temps de faire ses courses au merchandising, et les lumières s’éteignent, laissant la place sur scène aux Parlor Snakes, un quatuor franco-américain déjà aperçu et ouï il y a quelques années… Emmené par une blonde chanteuse qui tapote son clavier de temps à autres, le guitariste est d’une efficacité remarquable, tandis que la section rythmique, assez récente dans le groupe, est elle aussi plutôt au point, même si on sent que le bassiste est assez statique, tandis que le batteur (à la belle moustache mercuryenne) ne laisse pas sa part à ses acolytes placés devant lui… Alors, quid du « garage-rock » annoncé ? En fait, comme constaté il y a 4 ans, la référence au rockabilly est évidente, du moins sur les premiers titres, qui laissent augurer d’un set très pêchu, très actif, et les spectateurs adhèrent comme il le faut aux morceaux proposés. Cependant, au fil des titres, cela se gâte quelque peu, on s’aperçoit que la voix de la chanteuse finit plus par évoquer Cindy Lauper que Katie Jane Garside (Queen Adreena), et que globalement sa présence scénique est un poil insuffisante pour compenser ses limites vocales. Alors bien sûr, en ôtant petit à petit quelques boutons de la chemise, la majorité masculine du public redouble d’intérêt visuel, mais comme dans le même temps musicalement le niveau décroît, on se demande bien ce qui peut arriver à ce groupe qui promettait beaucoup, et qui ne semble plus trop dans quelle direction aller… Assurément pas la pire première partie imaginable, mais on sent que ces 45 minutes auraient pu créer bien plus d’excitation auditive !

 

Un petit quart d’heure pour se remettre les esgourdes à zéro, et ce sont les 6 membres des Washington Dead Cats qui arrivent sur scène : 2 cuivres (sax et trompette/guitare acoustique) accompagnent les habituels guitare/basse/batterie, le tout encadrant Mat Firehair, qui va nous présenter la plupart des titres exécutés ce soir, sans trop s’étendre (comme il en est capable…), et en insistant sur la dizaine de morceaux issus du dernier album, tout beau tout chaud, ce « primitive girls are more fun » que je n’ai même pas encore eu le temps de sortir de son blister… Cela démarre d’ailleurs avec un all i miss totalement inconnu, qui a une allure presque country, mais heureusement on retombe illico sur nos pieds avec i’m a dead cat, qui nous replonge dans le psycho que l’on connaît et apprécie. La section cuivres fait son job, frôlant la perfection comme souvent, tandis que le reste du groupe, heureux d’être là, ne se contente pas du minimum, c’est sérieux, il y a deux soirs à assurer, alors en dépit d’une acoustique un peu limite (on aura toute la soirée le sentiment que le son manque singulièrement d’ampleur), Mat fait son show et invite le public à participer, ce que les premiers rangs font avec célérité. On a même droit à deux danseuses, qui interviennent sur primitive girls are more fun, le 45T issu de l’album éponyme, et qui ne reviendront que bien tard dans la soirée, peut-être cela aurait-il pu apporter un brin de folie au concert si elles avaient été plus souvent sur scène ? On dit ça, peut-être en regard de quelques titres un poil faiblards, du style you mistify me (très lent, peu intéressant) ou please lie to me if you love me (qui n’emporte pas plus l’adhésion), mais n’allez pas vous imaginer que l’on perd son temps ce soir à la Boule Noire, ce sont juste quelques temps faibles, qui sont admirablement compensés par des temps forts habituels (pizza attack, napalm surf) ou destinés à le devenir (down under my feet, dead cat on the line)… La reprise du too drunk to fuck (Dead Kennedys) est correcte, sans plus, il faut avouer que l’original est difficilement égalable, mais on se surprend à entendre quelques bribes de planet claire (B-52’s) pendant dead cat on the line, ce qui frôle la divine berlue !

Mais ce que certains attendaient avec impatience depuis de longues minutes, à grand renfort de « à poil ! », finit par arriver : Mat Firehair tombe le pantalon, dévoilant un caleçon brillant quoique caché par sa longue chemise, les danseuses reviennent sur scène, et c’est un crazy voodoo woman qui emporte tout sur son passage, et d’ailleurs toute la fin du set est du même niveau, il n’y a plus de temps faibles, les plus jeunes pouvant imaginer que le final punkabilly rumble date des débuts du groupe et non du dernier opus… 80 minutes intenses, même si parfois inégales, qui sont complétées par un rappel qui démarre très fort, puisqu’on remonte pas loin de 30 ans en arrière avec beetroot girl, qui fait frémir les (souvenirs de) crêtes, d’autant qu’il est jumelé à une belle révision de surfin’ bird, et que l’on peut ainsi commencer à quitter la salle, après une bonne heure et demie de plaisir croissant.

Apparemment, le plaisir est équitablement partagé entre les spectateurs et les musiciens, puisque ceux-ci reviennent une dernière fois, pour un hommage aux Cramps via leur can your pussy do the dog, qui fonctionne à merveille, auquel se greffe miraculeusement (le groupe ne veut plus quitter la scène !) un retour du all i miss inaugural, en version bien plus rock pour le coup, histoire de boucler cette centaine de minutes, et de donner envie à certains d’en reprendre une louche le lendemain, au même endroit mais avec une autre première partie. Pas de bol, mon agenda est déjà surbooké pour les jours à venir…

 

Set-list :

 

  1. All i miss
  2. I’m a dead cat
  3. Primitive girls are more fun
  4. Juju
  5. Pizza attack
  6. You mistify me
  7. Dead cat stroll
  8. Blue surfin’ girl
  9. The river carries me
  10. Too drunk to fuck
  11. Napalm surf
  12. Don’t blame the flame of love
  13. Down under my feet
  14. Dead cat on the line
  15. Please lie to me if you love me
  16. Crazy voodoo woman
  17. Treat me bad
  18. Crazy crazy cat
  19. Punkabilly rumble
  20. Rappel : Beetroot girl
  21. Surfin’ bird
  22. Rappel 2 : Can your pussy do the dog
  23. All i miss

 

La suite, c’est dès ce soir à la Cité de la Musique avec (enfin, après trente ans d’attente pour moi !) PIL.