Date : 1er novembre 2012

 

De retour de Londres, il n’y a pas le temps de se remettre du jetlag, vu que c’est directement à la Maroquinerie qu’on se retrouve en ce jeudi soir, sous une pluie froide et particulièrement désagréable, qui explique peut-être le vide relatif qui règne dans la salle, alors que la première partie a déjà démarré...

 

Ben oui, on est à la bourre, bon, pas trop, les Beef Paradise viennent juste de démarrer leur set, et on est content qu’ils aient eu eux mêmes un peu de retard, car comme d’habitude on n’est pas déçus par un set bouillant, énervé, énergique, mené par un chanteur assez charismatique, et cela fait remonter la température des quelques degrés qui manquent... Le “Rock’n’roll” annoncé a tendance à flirter dangereusement avec le psycho, ce qui est plutôt positif comme évolution, et il n’y a pas de temps morts, autant dire que comme mise en bouche, c’est plutôt pas mal : des premières parties de ce niveau-là, on en voudrait tous les jours !

 

Un petit changement de style, presque anodin mais aux conséquences désastreuses pour la suite, c’est que les Tall Boys ont un peu oublié de mettre du psycho dans leur rock, et s’ils annoncent un “Garage / Post-Punk / Psychobilly” alléchant, on a carrément la sensation de n’avoir qu’un groupe de rock presque classique devant soi, avec parfois des sonorités quasi-country, et comme à cela s’ajoute une voix plus que limitée, dans le style crooner tabagique sans talent, il va sans dire qu’on s’ennuie ferme, et assez rapidement ! Pourtant, on avait bien noté que le groupe s’était monté, il y a bientôt 30 ans, avec deux anciens membres des Meteors, ce qui aurait dû offrir une caution solide. Mais visiblement, le temps a passablement affadi le propos des Anglais, et on en profite donc pour aller chercher un peu d’isolement sonore, avant de revenir trouver une place dans la salle, qui s’est considérablement remplie entre temps...

 

Car ce soir c’est une soirée particulière pour les Washington Dead Cats, qui en profitent pour sortir leur nouveau 5 titres (on aura une petite explication au cours du set, Mat expliquant que cela aurait dû correspondre à la sortie de l’album, mais que les retards faisant...), et vont nous offrir un spectacle de très haut niveau, et ceux qui se plaignent d’une soi-disant baisse de régime du groupe en seront pour leurs frais ! Avec un groupe au complet, très chaud, et un Mat, pieds nus comme toujours, bavard comme toujours, plein d’humour comme souvent, c’est à un excellent mélange de titres à peine sortis du nid (punkabilly rumble, a voice is talking in my head) ou même pas encore officiellement éclos (crazy crazy cat ?) et de glorieux anciens (pizza attack, beetroot girl) que nous sommes confrontés, dans une ambiance euphorique, on verra même de sacrés pogos envahir la fosse sur beetroot gril, par exemple, mais avec toujours le sourire sur tous les visages, sur et hors scène, voire même quelques rires, les seuls pleurs concerneront les plus jeunes des spectateurs, dont l’âge ne dépasse assurément pas les 5 ans... Musicalement, c’est vraiment un groupe très en forme qui est sur scène, du guitariste aux cuivres, et les digressions musicales au sein de certains titres (on entend aussi bien be-bop-a-lula que brand new cadillac pendant l’exécution de crazy when i hear that beat) ne font qu’ajouter au plaisir de spectateurs qui entonnent en chœur les refrains et réagissent comme il le faut aux demandes du chanteur... Oubli, ou volonté de celui-ci, ce n’est qu’après 12 titres que le fameux caleçon léopard est mis au jour, et pas pour très longtemps puisqu’il sera de nouveau caché dans le pantalon pour les rappels : pas besoin d’expédients pour créer le buzz, la fascination de la salle pour le groupe tient ce soir à la musique, et rien qu’à la musique ! Le public apprécie largement la prestation, qui durera bien plus que l’heure annoncée partout : 66 minutes de set, et encore une petite dizaine en rappel, avec une superbe reprise des Cramps (can your pussy do the dog) et un retour du premier titre pour boucler la boucle (“pour ceux qui étaient en retard”, selon Mat...), et on peut repartir chez soi avec son disque sous le bras, et le plaisir d’avoir une nouvelle fois assisté à une très belle prestation des Wash, dont le nouvel album ne devrait pas décevoir, comme d’habitude !

 

 

Set-list :

  1. Punkabilly rumble
  2. Pizza attack
  3. Napalm surf
  4. Blue surfin’ girl
  5. Treat me bad
  6. Beetroot girl
  7. Crazy crazy cat
  8. Juju
  9. A voice is talking in my head
  10. I’m a dead cat
  11. Crazy when I hear that beat
  12. Don’t blame the flame of love
  13. Down under my feet
  14. Crazy voodoo woman
  15. Rappel : Can your pussy do the dog ?
  16. Punkabilly rumble

 

Dimanche, direction la Cigale pour le retour des Blood Red Shoes, même s’ils ne sont qu’en première partie...