Date : 3 mai 2011

 

Une cuvée moyenne en ce mardi soir au Batofar, ce qui s’explique difficilement, car il n’y a pas vraiment de concurrence sur Paris, à croire que les rockers en viennent à se reposer, de temps à autres...

 

Pour entamer les hostilités, devant un public qui ne remplira qu’à moitié la salle, ce sont les périgourdins de Hot Gang qui sont sur la scène, pour nous proposer leur “Blues / Rockabilly / Swing”, un mélange improbable mais qui s’avèrera réel... Les six membres du combo (batterie, basse, guitare-chant, et 3 cuivres et accessoirement choristes) ont peut-être été baignés dans le rockabilly (cf. la reprise du stray cat strut), mais ce qu’ils nous proposent en sus peut largement dérouter : on oscille de morceaux évoquant furieusement la Mano à des choses plus swing, voire même carrément balloche, et si le chanteur assume le fait de n’être là que pour faire danser le public, on peut regretter ce manque d’ambition, qui incite le groupe à picorer de ci de là dans des genres variés, alors qu’on peut supputer qu’un choix plus franc dans un genre permettrait de maintenir une unité, et éventuellement de se créer une fan-base... Pas totalement désagréable, il ne faut pas non plus exagérer, mais quand même assez décevant !

 

On avait bien repéré Big Rude Jake dans la salle lors de la première partie, très voyant dans son costume tout blanc très large, et on ne sait trop quoi attendre de son “Americana / Jazz / Rockabilly” annoncé, entouré d’un groupe visiblement monté sur place ou presque, comme les hésitations au moment de présenter les six musiciens le prouveront par la suite... Cela permet d’ailleurs au Canadien de s’affranchir de sa guitare, et de ne s’occuper que de son micro et des encouragements au groupe (guitare, contrebasse, batterie, 3 cuivres), pour un set qui ne pourra que rappeler Joe Jackson, période “Jumpin’ Jive”, indépendamment de la reprise commune du is you is or is you ain't my baby de Louis Jordan... Du jazz donc, version swing du début du XXe, entraînant comme il le faut, totalement décalé par rapport au public, et pourtant largement apprécié des spectateurs qui dodelineront de la tête à foison en guise d’appréciation. Le Torontois est à l’aise, se débrouille en français, et ses musiciens, s’ils suivent à la lettre les partitions placées sous leurs yeux, sont tout de même souriants, et prennent un plaisir non dissimulé à jouer avec le Jake, et s’il se trouve certains pour trouver qu’on s’éloigne largement du thème général de la soirée, le set ne paraît pas trop long, alors qu’il dure quasiment une heure, preuve qu’on ne s’est guère ennuyé, et que cette programmation a priori décalée a été finalement très bien pensée !

 

Pas vraiment de surprise à attendre du set des Washington Dead Cats, qui maîtrisent habituellement leur “Psychobilly / Punk / Rockabilly” à la perfection, emmenés par un Mathias toujours aussi enflammé. Les cuivres ont quelque peu évolué, mais le reste du groupe ne change pas, Lord Fester à la guitare en tête, mais c’est sous le signe du surf qu’un bonne partie du set s’accomplira, si on en croit les titres qui s’enchaînent : après un treat me bad qui donne son nom à la soirée, on aura droit au choix à une blue surfin’ girl, au napalm surf, à la reprise du surfin’ bird des Trashmen ou au waikiki bay (johnny don't go surfin'…), ce qui permet au chanteur d’osciller du pelvis comme de glorieux ancêtres, et le public s’en met plein les mirettes, surtout lorsque le pantalon sera ôté et que le concert se finira en caleçon et... chemise rose, pourquoi pas ? On n’oublie pas les antiquités, avec un pizza attack bien ficelé, même si on commence à trouver que les interludes se multiplient et finissent par casser le rythme du concert... Il y a toujours des moments de bravoure, comme l’incontournable crazy when i hear that beat, incluant des bribes de brand new cadillac,  ou encore crazy voodoo woman, mais comme les choses se délitent, et que le set a démarré à 23h15, chacun commence à angoisser à l’idée de rater les derniers métros, ce qui explique peut-être que l’ambiance retombe petit à petit, malgré un crampesque can your pussy do the dog ou un juju qu’on a vu mettre des publics bien plus en transe... Finalement, après un don’t blame the flame of love sans enthousiasme délirant, le groupe quitte la scène, et... les lumières se rallument, il n’y aura pas de rappel, chacun peut regagner ses pénates sans craindre de devoir user ses semelles ! Vous l’aurez compris, une pointe de déception nous aura envahi ce soir, sans remettre en cause la qualité du groupe (c’est bien la première fois que j’en ressors pas totalement satisfait !), il eszt certain qu’on retournera voir et écouter le groupe en meilleure forme, le plus tôt possible d’ailleurs !

 

Samedi, direction Mains d’Œuvres, avec une affiche Frustration/Charles de Goal qui promet !