Date : 29 septembre 2009

 

La vague dite des baby-rockers a permis l'éclosion de nombreux groupes de talents divers, a créé également beaucoup de jalousie, mais c'est avec le temps que se fera le tri entre le bon grain et l'ivraie...

Un premier album 'lp1' en 2007, qui comportait beaucoup de tubes potentiels, mais était empreint d'une fraîcheur parfois naïve, une étiquette de chouchou(te)s de Rock&Folk, les Plastiscines ont connu un départ assez fulgurant, quoique assis sur des prestations live plus qu'intéressantes dès 2005 (pour ma part, j'avais été asez estomaqué par une prestation à la Maroquinerie en première partie des Hollywood Porn Stars...), mais le quatuor entièrement féminin, enfin stabilisé après une valse de batteuses, n'a pas choisi la facilité en choisissant de se tester aux Etats-Unis, et cet exil volontaire débouche sur ce deuxième opus, "about love", dont on se demande s'il est l'album de la consécration ou de la désillusion...

Au premier abord, la pochette évoque Mondino, avec une photo NB d'une guitariste la tête baissée, pendant que le verso montre le groupe dans une pose très américaine, et le titre de l'album "about love" que l'on confronte aux titres des chansons est assez clair : s'il ne s'agit sans doute pas d'un concept album, le thème général en est l'amour sous toutes ses formes et variations, ce que confirmera le livret tout rose...
12 titres pour moins de 40 minutes, chaque titre durant entre 2'30 et 4'10, on suppose qu'on n'aura donc ni hardcore ni rock progressif, la première hypothèse nous aurait surpris, la seconde nous aurait déçu... L'album est composé de 3 titres en français, 9 en anglais, la co-composition avec Butch Walker (Pink, Avril Lavigne, Fall Out Boy...) et Jake Sinclair implique un son nettement américain sur l'ensemble de l'album, avec des références allant des Bangles (i could rob you, runnaway) aux Donnas (another kiss), sans qu'il y ait la moindre once de plagiat, mais simplement le sentiment d'un son qui se rapproche des groupes pré-cités... L'album est assez mature, avec du gros son quand il le faut (i could rob you), des morceaux pop-rock très efficaces (barcelona et son intéressante rythmique, le très rigolo bitch, qui n'est pas compliqué mais très sympa, from friends to lovers qui rappelle les 60's avec ses choeurs et sa structure très classique), mais aussi des choses plus diverses comme Metric (time to leave, aux choeurs légèrement surchargés) ou le très français pas avec toi qui évoque plus les Calamités... Il y a même des ballades (runnaway et sa guitare entêtante, i am down qui n'enthousiasme pas trop...), et la reprise du you're no good de Clint Ballard jr., qui fut interprétée entre autres par Betty Everett et Linda Ronstadt (mais aussi Van Halen ou Elvis Costello), nous ramène sur des terres jadis (aimablement) fréquentées par des groupes du type Candie Prune, ce qui prouve que nos damoiselles ne manquent pas de goût ! Le titre ultime de l'album rappelle les titres finaux des opus babas des 70's, avec un chant à deux voix superposées, mais cela ne gâche en rien l'opinion favorable qui reste à la fin de l'écoute, car si on cherche encore le hit incontournable, il y a de vrais bons morceaux (barcelona, another kiss) et surtout une unité qui confirme tout le bien qu'on pouvait penser du quatuor : sans être une tuerie incommensurable, cet album est celui qui devrait asseoir les Plastiscines dans le paysage rock'n'roll français, en espérant d'une part les voir rejouer en France bientôt, d'autre part continuer sur leur lancée dans les années à venir !

http://www.myspace.com/plastiscine

 

plastiscines



Tracklist


   i could rob you
   barcelona
   bitch
   camera
   from friends to lovers
   time to leave
   i am down
   another kiss
   pas avec toi
   runnaway
   you're no good
   coney island