Date : 14 février 2009

 

Samedi soir de février, entre rhino et fatigue générale, il faut un peu de motivation pour passer le périphérique et aller jusqu'à Bagnolet, où le Pixi un café sympa et tranquille, organise des concerts punks dans sa cave, ce qui garantit une acoustique assez limitée...

 

Comme ils en ont l'habitude, ce sont les 3 membres de Stygmate qui assurent l'ouverture de la soirée, et comme d'habitude et sans chichis le "Rock / Punk / Pop Punk" fait mouche, malgré les larsens et l'absence de retours, la proximité entre spectateurs et musiciens fait que l'absence de cohue est moins gênante que dans un lieu plus grand, et si la tête résonne très vite, cela n'empêche pas d'apprécier la prestation, entre titres originaux pas forcément dans la ligne orthodoxe punk (la soeur des pauvres) et reprises habituelles (Tristan, OTH, Parabellum, Oberkampf)... En une quarantaine de minutes (les deux groupes suivants atteindront les 3/4 d'heure), s'il n'y a pas vraiment de surprise dans le set, cela permet aux (rares) nouveaux spectateurs de découvrir positivement le trio parisien, qui confirme dans ces conditions pour le moins difficiles que sa capacité d'adaptation est intacte, et que sous des faux airs de jean-foutre les musiciens bossent bien et maîtrisent leur set, ce qui leur permet d'avoir des musiques plutôt recherchées et loin d'être aussi basiques que le commun des groupes punks...

 

Changement total de style avec les Katillers, un quintet francilien de "Punk / Ska", dont on ne peut dire qu'il mente sur son appellation : avec un chanteur accompagné d'un trio basse/guitare/batterie et d'une trompette, et des morceaux oscillant entre l'ouvertement punk et l'ouvertement ska, il n'y a nulle tromperie sue la marchandise ! Le chanteur est très actif et fait son possible pour que les spectateurs réagissent, ce qui est quasi inespéré dans un lieu aussi exigu, et s'il n'y a pas forcément d'aspect novateur dans le son du groupe, on y retrouve suffisamment de fun et d'énergie pour passer un moment très agréable, ce qui est souvent ce qu'on attend du ska/punk, et qui est donc au rendez-vous ici !

 

Pas vraiment de surprise non plus avec €uroshima, dont le "Punk / Électronique / Rock" passe à merveille, même si le groupe semble souffrir de l'acoustique, n'entendant par exemple rien de la boîte à rythmes... Mais le trio guitare/chant/clavier à bidouilles sait se dépatouiller des situations difficiles, et nous offre même au passage deux nouveaux titres, qui ne dépareraient en rien l'album encore récent, ce qui prouve que Vérole et Cie ne manquent pas d'idées, autant au niveau des textes que des musiques, se rapprochant par exemple de la ballade des vendus (dédié à François Fillon, pour les connaisseurs en poésie...) ou d'autres titres très efficaces, riches en slogans, pleins d'humour et de cynisme, ce qui est plutôt de saison en ces temps agités... Bref, si les conditions ne sont pas optimales, on ne peut que se féliciter une nouvelle fois de cette prestation, qui conclut en beauté une très belle soirée à l'extérieur de Paris, ce qui peut donner envie de ne pas se limiter à l'intérieur du périphérique quand on cherche un concert !

 

A venir, sans doute Ruby Throat dans 10 jours, et à très long terme le retour des Cadavres, prévu en juin à la Maro...