Date : 19 juin 2006

 

La principale attraction du concert au Bataclan ce soir consiste en la composition... du public ! Car il faut bien avouer qu'il hésite sans cesse à sombrer dans la beaufitude profonde, à grands éclats de rire gras et réflexions primaires ("à poil !" et "enculé !" sont sans doute les expressions de base du vocabulaire du pékin moyen...), ce qui reste assez surprenant lorsqu'on sait qu'il ne s'agit pas d'un concert de death-metal...

 

En guise d'amuse-gueule, on a droit à un entertainer prétendument Américain (sa connaissance du français sème le doute), qui réussit à nous arracher quelques sourires, mais il nous aurait fallu être fan des émissions de Patrick Sébastien pour apprécier vraiment le dénommé Franky Alright... il faut avouer également que son rôle de chauffeur de salle était quasiment inutile, vu l'état d'esprit du public surexcité !

 

C'est donc devant des spectateurs conquis d'avance que Didier Super arrive sur scène, avec son batteur et son bassiste (exit la calme multi-instrumentiste des spectacles précédents...), et on a la confirmation illico que chacun connaît toutes les chansons par cœur, mais continue à s'esclaffer à chaque mouvement du chanteur, qui aura ainsi beau jeu de répéter que nous en voulons pour notre argent et rions de n'importe quoi... C'est ce décalage entre l'humour toujours de mauvais goût de Didier et les réactions basiques de la salle qui est intéressant, car le spectacle en lui-même n'a pas trop évolué en quelques mois, et les quelques moments de rires forcés ou jaunes correspondent à l'humour le plus noir, "mais qui dépasse quand même un peu les bornes" ! Certaines chansons ne sont carrément pas chantées (pas de petit caniche donc), d'autres à moitié escamotées (y'en a marre des pauvres entre autres), mais comme le public est béat, tout passe ! C'est là qu'on atteint la limite du genre, puisque le chanteur est face à des aficionados sans recul, qui le suivront sans doute dans tous ses délires, et continueront à gâcher l'ambiance des concerts...

 

Ca devrait être bien plus calme vendredi soir à la Maroquinerie, avec Sanseverino précédée par Mell (eh oui, encore !).